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Une cohabitation accompagnée

Publié le 13 juin 2018 | Autonomie Handicap Seniors

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Cinq personnes en situation de handicap psychique viennent d'emménager dans le quartier Vauban à Lille. Ils bénéficient d'un dispositif en plein développement : l'habitat partagé, un projet porté par l’association Gapas et financé par le Département qui sera inauguré ce mercredi 13 juin 2018 par Geneviève Mannarino, vice-présidente en charge de l’Autonomie.

Ils viennent de terminer leur déjeuner et chacun s'apprête à vaquer à ses occupations. Didier et Emmanuel vivent chacun dans l’un des deux appartements lillois récemment rénovés et aménagés dans le cadre d’un chantier d’insertion mené par l’association Aprobat. Ils y sont accueillis depuis quelques semaines avec deux autres personnes qui comme eux, sont suivies par le Gapas. Une cinquième les rejoindra prochainement.

Chacun sa chambre, et comme dans toute colocation, ils partagent les lieux de vie : salon, salle à manger, salle de bain, cuisine…

Il y a un appartement avec deux chambres et le second avec trois chambres. Un seul a été équipé avec une cuisine pour que nous puissions prendre nos repas en commun

explique Didier.

 

Des heures de présence mutualisées

Les cinq colocataires vont définir leurs propres règles de vie, tout en étant accompagnés par des auxiliaires de vie qui interviennent matin et soir pour les soutenir dans leur quotidien et favoriser leur autonomie, par exemple pour faire les courses ou l’entretien du logement. Cette aide est financée par la PCH dont chacun bénéficie :

Les heures sont mutualisées ce qui permet d’avoir des temps de présence plus importants pour tout le monde

explique Mathieu Alvin, l’éducateur du Gapas qui coordonne ce dispositif d'habitat partagé.

 Son rôle ?

Faire en sorte que chacun soit bien, les accompagner dans leurs projets de vie, les rendez-vous médicaux, les sorties…

 

Gagner en autonomie, lutter contre la solitude

Avant d'emménager ici, Emmanuel vivait dans un studio et souffrait de la solitude :

J’ai demandé à venir ici pour gagner en autonomie, faire davantage de sorties. J’ai plus d’aides pour me déplacer et ça me remet dans la vie

Il a retrouvé Didier, un copain de l’association La Belle journée. En quittant sa maison-relais, Didier est lui aussi venu chercher de la compagnie :

Ça me rassure de partager mon logement. S’il y a un problème, il y a toujours quelqu’un à qui en parler. Et puis nous apprenons la tolérance.

Apprendre à vivre ensemble, à faire preuve de bienveillance les uns envers les autres, voilà un bel objectif de vie qui a déjà été expérimenté avec succès par le Gapas à Roubaix ou plus récemment par l’Udaf à Marly. En soutenant ces nouveaux modes d'habitat inclusif, le Département entend ainsi développer les alternatives à l'hébergement en structure pour les personnes les plus fragiles et favoriser leur autonomie.

 Photo : C. Arnould