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Les enfants migrants intégrés au collège

Publié le 20 décembre 2016 | Ambition jeunesse


Le collège Simone-de-Beauvoir accueille chaque année des élèves tout récemment arrivés dans notre pays qui ne parlent pas français. Son défi : leur permettre de réussir leur scolarité aussi bien que ceux dont le français est la langue maternelle.

Ils ont quitté leur pays d'origine, quel qu'il soit, et se retrouvent avec  — ou plus rarement sans — leurs parents en France. Et les voilà bientôt inscrits dans un collège où ils vont devoir suivre tous les cours dans une langue qu'ils ne connaissent pas. 

Heureusement un dispositif mis en place par l'Éducation nationale dans certains établissements va leur permettre de se familiariser plus rapidement avec le français. 

Le collège Simone-de-Beauvoir, à Villeneuve d'Ascq, comporte aujourd'hui trois unités pédagogiques pour les élèves allophones arrivants (UPE2A). 

Le jour de ma première rentrée dans cet établissement, en 2011, une fois l'appel terminé, il restait dans la cour vingt enfants roms, non inscrits sur nos listes. Qu'est-ce que j'en fais ? me suis-je dit. On doit donner le savoir à tout enfant qui habite dans le quartier. Ce n'est pas mon problème si ses parents sont migrants, en règle ou pas

raconte Gilles Richart, principal du collège. 

 

Trois unités aux buts différents

 

Une première UPE2A destinée aux enfants non scolarisés antérieurement  — ce qui est souvent le cas des Roms venus d'Europe de l'Est — a donc été créée, suivie d'une unité pour les enfants étrangers qui sont allés à l'école dans leur pays d'origine. Chaque unité compte au maximum quinze élèves.

Aujourd'hui trois enseignantes – deux professeurs de lettres et un professeur des écoles – sont dédiées à ces unités où les élèves passent entre trois et dix-huit heures par semaine, selon leur niveau. Le reste du temps, ils sont dans une classe correspondant à peu près à leur âge et suivent les cours avec leurs camarades francophones.

 

Unité pour les élèves allophones au collège Simone de Beauvoir 3

L'enseignante invite les élèves à commenter une photo de Robert Doisneau. (Ph. C. Arnould)

 

Anne-Lise Mühlberger enseigne les bases du français aux grands débutants, tout juste arrivés en France. Mais les niveaux sont très différents. Ainsi, Fatima qui vient d'Algérie, a déjà suivi plusieurs années de cours de français dans son pays et Yann et Kevin qui ont grandi en Angleterre ont une maman francophone, tandis que pour les jeunes Polonais Dominik et Rafael, tout reste à découvrir.

Mais les progrès sont généralement rapides et, l'année suivante, les adolescents rejoignent la classe de Béatrice Mouveaux où ils s'attaquent aux subtilités de la langue française. 

C'est pas facile. On a plus de choses à apprendre que les autres. Le plus difficile, c'est l'écrit

confie une autre Fatima, venue, elle, du Maroc, il y a deux ans.

Mais il y a des Français qui ont des difficultés aussi. Au début, ils se moquaient de notre accent, maintenant ça va mieux

tempère Alex, originaire de Roumanie.

 

De belles réussites

 

Même s'ils ne comprennent pas tout dans les autres cours, le temps passé avec leurs camarades français est aussi très important pour leur intégration.

Dans ma classe, les filles sont très gentilles. Quand je ne comprends pas quelque chose, elles m'aident

se réjouit Fatima, la jeune Algérienne.

C'est extrêmement gratifiant d'enseigner dans cette unité car souvent les progrès sont fulgurants. Et puis ce sont des élèves très reconnaissants qui disent à leurs camarades français qu'ils ont beaucoup de chance de pouvoir étudier

souligne Anne-Lise Mühlberger.

 

Unité pour les élèves allophones au collège Simone de Beauvoir 1

Le petit nombre d'élèves permet à Mme Mühlberger de prendre le temps d'aider chacun selon son niveau. (Ph. C. Arnould)

 

Le principal évoque de très belles réussites chez les enfants scolarisés antérieurement. L'an dernier, une jeune Syrienne arrivée depuis à peine un an et demi a décroché trois diplômes dont le brevet des collèges, tandis qu'une Bolivienne a obtenu le brevet avec 18,2 de moyenne.

Pour les enfants roms, l'objectif est peut-être moins prestigieux mais tout aussi concret : souvent, pour les garçons, c'est une entrée en CAP de mécanique qui leur offrira, outre la maîtrise de la langue écrite qu'ils ont apprise ici, un vrai métier.

 


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