Version imprimable - Nouvelle fenêtre

"Mettre le paquet sur le retour à l'emploi"

Publié le 04 septembre 2015 | Le Nord Institution

PARTAGER SUR : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental du Nord, a tenu sa conférence de presse de rentrée le 2 septembre à Lille. Il est notamment revenu sur les engagements financiers du Département.

Revue de presse

Retrouvez les comptes rendus de la conférence de Jean-René Lecerf dans la presse :

20 Minutes

La Voix du Nord

France 3 Nord-Pas-de-Calais

La Gazette des communes

Grand Lille TV

Actualités

Un plan d'économies

Collèges : des travaux qu'il faudra "lisser"

RSA : "La double peine, ça suffit !"

Une nouvelle approche du RSA

 

 

De nombreux engagements ont été pris par l'ancienne majorité auxquels nous n'avons pas les moyens de faire face. Eux-mêmes n'auraient d'ailleurs pas pu y faire face s'ils avaient remporté les élections.

Jean-René Lecerf a fait les comptes et son constat est sévère :

Si j'additionne tous les engagements pris avant mars 2015, aussi bien ceux qui nous lient juridiquement que les simples promesses, j'arrive à 2,5 milliards d'euros. Rapporté à notre capacité d'investissement actuelle, nous serions engagés pour les 12 prochaines années !

Le "contexte juridique mouvant" (avec l'adoption de la loi NOTRe qui conduira le Département à transférer certaines compétences à la Région et à la Métropole européenne de Lille, les élections régionales en décembre...) complique les calculs.

 

 

Un plan d'économies

 

Le message est donc clair : il va falloir définir des priorités.

Nous allons adopter un budget supplémentaire le 12 octobre. Il y a déjà eu des baisses de subventions, nous avons renoncé à des politiques volontaristes qui ne paraissaient pas indispensables… Je pense aux distributions de dictionnaires de langues, au Pass'Sport en Nord qui ne concernait qu'un quart des élèves de sixième, au Chéquier Jeunes en Nord qui n'était utilisé que par un tiers des élèves de troisième… c'est dire qu'ils n'avaient pas rencontré un franc succès

détaille Jean-René Lecerf, qui ajoute :

Mais tout cela, c'est de l'écume sur les vagues. Nous allons être plus précis sur les économies à réaliser.

Les arbitrages se poursuivront jusqu'à la fin de l'année, parallèlement à la préparation d'un plan d'économies. Les mesures prévues par ce plan seront adoptées avec le budget primitif 2016, qui sera examiné en mars.

 

 

Jean-René Lecerf

“Nous préparons un plan d'économies qui sera adopté avec le budget primitif 2016, en mars prochain.”

 

 

D'ici là, le Conseil départemental déploiera ses premières mesures phares, notamment une refonte de la politique d'insertion des allocataires du RSA afin de concentrer tous les efforts vers le retour à l'emploi durable (lire plus loin).

 

 

Retour en haut de page

 

 

Collèges : des travaux qu'il faudra "lisser"

 

Au regard de la situation financière du Département, le calendrier de reconstruction des collèges annoncé par l'exécutif précédent n'a pas été validé par la majorité actuelle.

Les élus départementaux se rendront en septembre et octobre dans les collèges dont l'état est jugé préoccupant. Sur la base de cet état des lieux sera fixé, en fin d'année, un calendrier d'investissement (constructions, réhabilitations, fusions) pour la durée du mandat.

Nous serons obligés de lisser dans le temps certains investissements et sans doute de renoncer à d'autres. Deux critères principaux guideront nos choix : premièrement, la sécurité, deuxièmement, les conditions de travail des élèves et des personnels.

Jean-René Lecerf a pris l'exemple du collège Robert-Schuman à Halluin :

Ce collège a besoin de travaux. Tout est prévu, le concours d'architecture a eu lieu, techniquement, les travaux pourraient démarrer demain matin s'il n'était pas nécessaire de modifier le plan local d'urbanisme, ce qui suppose une enquête publique… Les délais légaux font que même si le Département en avait les moyens aujourd'hui, ces travaux ne pourraient pas démarrer avant la fin de l'année 2017.

Autre exemple, dans l'arrondissement de Dunkerque cette fois, la fusion envisagée des collèges de Crochte et de Bergues :

Cette fusion ne se fera pas. On voulait fermer un collège, celui de Crochte, qui est en bon état et qui donne toute satisfaction !

 

 

Retour en haut de page

 

 

RSA : "La double peine, ça suffit !"

 

Un tiers des 150 000 allocataires du RSA dans le Nord sont en mesure de reprendre un emploi immédiatement. C’est sur ceux-ci que nous allons d’abord concentrer nos efforts

expose Jean-René Lecerf, qui rappelle que le coût du RSA, cofinancé par le Département et l'État, s'alourdit de plus en plus. En effet, la compensation versée au Département par l'État ne tient pas compte de l'augmentation du nombre d'allocataires, qui suit mécaniquement la hausse du chômage.

 

Jean-René Lecerf

“Sur le financement du RSA, nous devons obliger l'État à participer à des négociations efficaces.”

 

 

Résultat : sur le coût total du RSA (environ 60 millions d'euros par mois), le Département doit assumer un "reste à charge" (sommes non compensées par l'État) qui augmente de 60 millions d'euros par an.

Pour son président, le Département du Nord est soumis à une "double peine" :

Plus vous avez de chômeurs, plus vous êtes puni !

Avec les autres Départements réunis au sein de l'Assemblée des Départements de France (ADF), dont il préside la commission des Finances, M. Lecerf veut

obliger l'État à participer à des négociations efficaces. S'il n'y a pas d'évolution positive dans les mois qui viennent, les Départements pourraient être amenés à ne payer le RSA que jusqu'à hauteur de la compensation. J'ai fait le calcul : pour le Département du Nord, cela signifie que nous cesserions de payer en octobre ! Ces trois mois de RSA non versés représenteraient 180 millions d'euros dans notre budget. Bien entendu, je ne veux pas mettre en difficulté les 150 000 foyers concernés. Mais nous ferons ce qu'il faut pour mettre l'État face à ses responsabilités. La double peine, ça suffit !

 

 

Retour en haut de page

 

 

Une nouvelle approche du RSA

 

Au-delà de cette nécessaire négociation avec l'État, la nouvelle majorité départementale veut rénover profondément le dispositif du RSA avec un objectif simple : privilégier le retour à l'emploi durable.

Les 150 000 allocataires du RSA peuvent être classés en trois catégories : les personnes qui sont très éloignées de l'emploi, qui présentent des difficultés majeures de santé, etc. ; des personnes éloignées de l'emploi et qui ont besoin d'une remise à niveau ; et un dernier tiers qui ne présente pas de difficultés particulières, qui serait employable immédiatement. C'est sur ce tiers-là que nous allons prioritairement concentrer nos efforts.

M. Lecerf a présenté les grandes lignes du projet départemental visant à leur permettre de retrouver un emploi.

 

Croiser les fichiers pour lutter contre la fraude

 

Première mesure : obtenir, en accord avec la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), la communication des différentes données concernant les allocataire. En croisant les informations issues des fichiers de Pôle emploi, de la CAF, les données bancaires, etc., le Département veut pouvoir "détecter les suspicions de fraude" et "dissuader d'éventuels candidats" à la fraude sociale.

Je n'imagine pas que cette fraude concerne plus de 2 ou 3% des allocataires. Mais même 2%, cela représente pour le Département une dépense de 13 millions d'euros !

remarque le président du Conseil départemental.

 

Jean-René Lecerf

“Nous allons réorienter le dispositif d'insertion des allocataires du RSA. Nous concentrerons nos efforts sur le retour à l'emploi durable.”

 

Réorienter le dispositif d'insertion

 

"Privilégier le retour à l'emploi" est le maître-mot du nouvel exécutif départemental. Pour Jean-René Lecerf, le dispositif actuel est "pléthorique et illisible" et ne permet pas d'évaluer le taux de retour à l'emploi.

Les partenariats en cours seront réorganisés. Plus de 300 associations interviennent sur les actions d'insertion des allocataires. Je souhaite que ce nombre diminue. Nous envisagerons de réduire, voire de suspendre certaines actions "occupationnelles" dont l'objet immédiat n'est pas l'insertion professionnelle.

Le partenariat avec Pôle emploi doit également être amélioré :

70% des allocataires relèvent de Pôle emploi et doivent être orientés vers un retour à l'emploi. Mais sur ces 70%, près d'un tiers ne s'inscrivent pas et ne bénéficient d'aucun accompagnement !
s'étonne M. Lecerf.

 

Développer le recours aux entrepreneurs


Dès son élection, Jean-René Lecerf a pris de nombreux contacts avec les représentants du monde économique.

Je souhaite que les entrepreneurs interviennent directement dans le repérage et l'embauche des allocataires du RSA. Il y a des réponses plutôt encourageantes du MEDEF Nord, de la CGPME…

Certains représentants du monde de l'entreprise ont d'ores et déjà donné leur accord de principe pour fournir au Département la liste de leurs besoins en personnel, assortie d'un engagement à embaucher en priorité des allocataires du RSA, à la condition que le Département réalise la sélection préalable des candidats.

Le président du Conseil départemental a également rappelé le partenariat avec la Chambre de métiers et de l'artisanat de région, qui a déjà donné lieu à des initiatives intéressantes, comme à Caudry où une formation aux métiers de l'artisanat a été proposée à 50 allocataires.

Deux tiers des personnes concernées sont sorties du RSA

se félicite-t-il. Une initiative qui en appelle d'autres : le nouvel exécutif départemental a d'autres partenariats en vue, par exemple avec la Province de Flandre occidentale.

Cela nécessitera de permettre aux candidats d'acquérir de bonnes bases en néerlandais. Je me suis moi-même engagé à m'y mettre. Quand il s'agit de permettre aux Nordistes privés d'emploi de retrouver un travail durable, je prends toutes les propositions qui se présentent !

 

 

 

 

Retour en haut de page