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Le Département engagé dans les contrats de Ville

Publié le 31 août 2015 | Innovation territoires


Treize contrats de Ville impliquant 59 communes ont été signés entre le 22 juin et le 10 juillet 2015. Pour la première fois, le Département faisait partie des signataires. Max-André Pick, vice-président du Conseil départemental en charge de l'habitat, du logement et des politiques urbaines, nous explique pourquoi.

lenord.fr : Pourquoi le Département a-t-il décidé d'être partie prenante des contrats de Ville portés par les communes ou intercommunalités ?

Max-André Pick : J'aimerais commencer par une petite anecdote que j'ai racontée plusieurs fois lors des signatures de contrats de Ville. C'était dans ma ville, Roubaix, il y a quelques mois, lors d'une réunion publique au quartier des Trois-Ponts. Ce quartier a été quasiment rasé et reconstruit dans le cadre des politiques de rénovation urbaine. Les pouvoirs publics y ont investi près de 300 millions d'euros. Et lors de cette réunion, une dame s'est plainte en disant : "Monsieur, vous ne faites rien pour nous dans le quartier !"

 

 

“Il était anormal que le Département ne participe plus à la politique de la Ville”

 

 

Qu'en concluez-vous ?

Que les politiques de la Ville ont fait sans doute trop dans l'urbanisme et l'aménagement et pas assez dans l'humain. Or, qui peut, mieux que le Département, apporter de l'humain ? Il était anormal que le Département ne participe plus à la politique de la Ville.

 

En quoi consiste la participation du Département ?

Nos services ont mené en amont un travail de préparation, avec notamment un état des lieux pour recenser les investissements départementaux depuis dix ans et la présence sur le terrain de nos agents.

Puis nous nous sommes fixé quatre priorités :

  • l'emploi et l'inserion par l'économie,
  • la jeunesse,
  • la cohésion sociale
  • la lutte contre les discriminations.

 

Autour de ces priorités, nous avons contractualisé avec les intercommunalités en prenant compte des spécifités de chacune.

 

 

“Les moyens déployés sur ces quartiers sont sanctuarisés”

 

 

Concrètement, qu'est-ce que cela signifie ?

Nous devons préciser encore d'ici la fin de l'année ce qui sera mis en place. Mais je peux vous donner un exemple de piste sur laquelle on va travailler. En matière d'aménagement et d'habitat, le bailleur social Partenord, organisme associé du Département, est également signataire des contrats de Ville.

Avec Partenord et avec mes collègues vice-présidents, nous réfléchissons à la possibilité de construire des logements à proximité des EHPAD (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), afin que des personnes qui sont encore suffisamment autonomes puissent y vivre tout en bénéficiant des services de l'EHPAD.

De la même manière, on peut envisager ce type de logements plus autonomes pour des personnes handicapées ou pour les jeunes majeurs suivis par l'Aide sociale à l'enfance. 

 

Des budgets supplémentaires vont-ils être consacrés aux quartiers prioritaires ?

Des budgets supplémentaires, non, car nous n'en avons pas, mais pour la durée des contrats de Ville, les moyens déployés sur ces quartiers sont sanctuarisés.

Nous allons donc adapter ces moyens constants pour les rééquilibrer selon les besoins. C'est pour nous une bonne occasion de réfléchir à la façon de mieux intervenir dans les quartiers prioritaires pour y être plus efficaces sans y mettre plus de moyens. Pour nos équipes, c'est aussi l'occasion de gagner en visibilité auprès de l'ensemble des partenaires impliqués. 

 


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