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"La maltraitance touche 6 à 8% des plus de 65 ans"

Publié le 10 mars 2015 | Engagement solidarité


Centre d'écoute ALMA (photo C. Bonamis)

L'association Allô Maltraitance Nord-Pas-de-Calais a ouvert à Lille ce 4 mars un centre d'écoute. Son objectif : lutter contre la maltraitance dont sont victimes les personnes âgées et les adultes en situation de handicap.

ALMA Maltraitance Nord-Pas-de-Calais

09 70 72 70 72

 

Permanences les mardi et jeudi de 9 à 12 h

Médecin gériatre, Anne-Marie Durocher est la présidente de l'association ALMA Nord-Pas-de-Calais. Alice Steenhouwer est la coordinatrice du centre d'écoute. Rencontre.

Comment le centre d'écoute ALMA Nord-Pas-de-Calais s'est-il créé  ?

Anne-Marie Durocher : Nous avons répondu à un appel à candidature lancé par la Direction départementale de la cohésion sociale. Nous avons créé l'association ALMA Nord-Pas-de-Calais en août 2014, consacrée à l'écoute des situations de maltraitance des personnes âgées ou des adultes en situation de handicap. Notre centre d'écoute fait partie de la fédération nationale 3977 contre la maltraitance.

 

ALMA

Anne-Marie Durocher, présidente de l'association ALMA Nord-Pas-de-Calais (à droite) et Alice Steenhouwer, coordinatrice du centre d'écoute

 

 

"On ne peut pas croire les personnes sur parole"

 

Ce sont des bénévoles qui assurent l'écoute ?

A-M D : l'association compte une quinzaine de bénévoles. Il y a d'abord des écoutants. Tous ont suivi une formation à l'écoute, de 5 jours. Aux victimes de maltraitance ou à leurs témoins ils offrent une écoute éthique, dans le respect de la vie privée, de la confidentialité, de l'anonymat. Tout appel, s'il s'avère fondé, donne lieu à l'ouverture d'un dossier informatique...

Il y a aussi des conseillers-référents. Ils ont une compétence médicale, sociale ou juridique, et possèdent une bonne connaissance des réseaux locaux. Leur mission est d'accompagner l'appelant et de contribuer au traitement des problèmes, en lien avec les tutelles et les professionnels sur le terrain.

Les situations sont souvent délicates, voire complexes...

A-M D : Un simple appel ne suffit pas, on ne peut pas croire les personnes sur parole. Les situations sont souvent complexes... On ne se déplace pas, mais, après le coup de téléphone initial, on rappelle des personnes qui entourent la victime présumée, on trouve les interlocuteurs sur le terrain qui peuvent nous aider à la validation des faits, puis à trouver la meilleure solution possible.

 

"Nous recherchons des bénévoles

pour élargir le temps d'écoute"

 

Y a-t-il beaucoup de situations de maltraitance ?

Alice Steenhouwer : Il y en a partout. Beaucoup plus à domicile qu'en institution. Le proportion est environ de 2/3 pour la maltraitance à domicile, et 1/3 en établissement. La maltraitance psychologique est la plus fréquente, la maltraitance physique la plus voyante, et la maltraitance financière est souvent associée aux deux précédentes... La maltraitance peut aussi être médicamenteuse, par déficit ou par excès de médicaments, ou civique, quand elle viole les droits de la personne, - privation de liberté, d'identité... On estime que de 6 à 8% des personnes de plus de 65 ans sont victimes d'une forme ou d'une autre de maltraitance.

La maltraitance peut être le fait de résidants entre eux dans une institution, de professionnels qui pratiquent une surmédicamentation, d'enfants qui abusent financièrement de la faiblesse de leurs parents... Il est toujours difficile de démêler l'écheveau.

 

Cela demande beaucoup de temps ?

A. S. : Oui. C'est pour cela que nous recherchons des bénévoles, pour élargir le temps d'écoute, pour apporter notre pierre à la lutte contre la maltraitance... Les permanences ont lieu le mardi et le jeudi de 9 h à 12 h. Il est possible de laisser un message sur notre répondeur. On peut également appeler le numéro national 3977 contre la maltraitance, qui nous transmettra les situations dont il aura eu connaissance.

 


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