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Van der Meersch : une œuvre toujours vivante

Publié le 03 février 2015 | Emotion culture


Christian Morzewski présente l'édition de Nouvelles et Chroniques de Van der Meersch. Photo : E. Watteau

Président honoraire de l'université d'Artois et enseignant-chercheur, Christian Morzewski a piloté l'édition de deux volumes de Nouvelles et Chroniques, aux Presses universitaires de l'Artois.

Les archives de Van der Meersch

Les archives Van der Meersch conservées à la mairie de Wasquehal ont été numérisées par la médiathèque de Roubaix et sont consultables en ligne :

www.bn-r.fr/fr/decouvrir-collection.php?id=2&n=1

lenord.fr : Comment vous êtes-vous intéressé à Maxence Van der Meersch ?

Christian Morzewski : Adolescent, j'ai lu comme tout le monde La maison dans la dune et Quand les sirènes se taisent... Je suis revenu beaucoup plus tard à Van der Meersch en tant qu'enseignant-chercheur, spécialiste du roman français de l'entre-deux-guerres.

C'est un écrivain d'une stature universelle, qui a connu une popularité extraordinaire. Jusque dans les années 60, dans tous les foyers ouvriers de Roubaix il y avait, punaisée au mur, une photo de Van der Meersch, le travailleur de la plume... C'est une œuvre maintenant un peu difficile d'accès pour les étudiants car empreinte d'un moralisme daté.

 

Mais c'est une œuvre toujours vivante ?

Et bien vivante. La preuve, c'est l'édition que nous avons faite en 2014 de deux volumes de Nouvelles et Chroniques. C'est un florilège de 85 textes écrits entre 1934 et 1944, par un Van der Meersch alors au sommet de sa gloire littéraire.

La Maison dans la dune a paru en 1932, remportant un énorme succès. En 1936, L'empreinte du dieu a reçu le prix Goncourt, en 1943 Corps et âmes a été couronné par le prix de l'Académie française.

 

"Des embryons de romans inédits" 


Ce sont des textes inédits ?

Pour moitié non, il s'agit d'une réédition d'articles de commande ou de circonstance, que Van der Meersch a écrits pour de grands medias nationaux, Le Figaro, Paris-Soir, dans des revues prestigieuses, Marianne, Candide, L'Intransigeant, ou dans des revues régionales, comme celle de l'Automobile-club du Nord de la France.

Le reste, ce sont des inédits, que nous avons exploités avec Francis Nazé, historien, secrétaire général de l'association des Amis de Maxence Van der Meersch, et Mary Melliez, professeur de Lettres, qui a soutenu à l'université d'Artois une très belle thèse sur Le peuple dans l'œuvre de Maxence Van der Meersch.

 

Où avez-vous trouvé ces inédits ?

Dans les archives de l'écrivain, conservées au Fonds Maxence Van der Meersch à Wasquehal et à la médiathèque de Roubaix. Mais aussi dans celles de la Bibliothèque nationale de France François-Mitterrand et de l'IMEC (Institut Mémoires de l'Edition Contemporaine)...

Il y avait des notes, des avants-textes, des manuscrits de nouvelles dont certaines constituent les embryons de romans édités plus tard, mais auss inachevés ou inédits. 

 

"Une nouvelle qui met en scène

un avocat qui défend un déserteur"

 

Quels trésors avez-vous exhumés ?

Par exemple, on a retrouvé un gros roman de 300 pages, inédit, Paternité, dont nous donnons deux extraits... Nous publions aussi le texte de la composition française qui a valu à Maxence Van der Meersch, alors âgé de 17 ans, le premier prix au Concours général de 1925... Ou encore une longue nouvelle écrite en 1949 (NDLR : Van der Meersch est mort en 1951), L'affaire Jean Boudart, qui met en scène un avocat qui défend un déserteur... C'est peut-être le début d'un roman, en tout cas c'est le seul témoignage que nous avons de la première profession de Van der Meersch, celle d'avocat... S'il a peu plaidé, il est toujours resté inscrit au Barreau de Lille.

 

Vous préparez une réédition d'Invasion 14, la grande fresque de l'occupation allemande de Lille-Roubaix-Tourcoing pendant la première guerre mondiale ?

La réédition que vient d'en faire Albin Michel est toujours aussi insatisfaisante, car comportant beaucoup d'erreurs... Notre projet, c'est une édition critique, enrichie des 35 aquarelles originales peintes en 1948 par ce grand ami de Van der Meersch qu'était Léopold Simons, pour une réédition d'Invasion 14 qui n'avait pas alors abouti...

On voudrait proposer une édition "beau livre" sur papier soigné, et une déclinaison en édition de poche, pour une utilisation pédagogique... Nous travaillons toujours sur ce projet, pour lequel nous sommes à la recherche de financements dans le cadre d'une co-édition.

 

 

 

 


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