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Violences conjugales : mieux comprendre pour mieux agir

Publié le 02 décembre 2014 | Engagement solidarité


Près de 600 personnes, en majorité des professionnels de l'action sociale, ont participé le jeudi 27 novembre 2014 à un colloque organisé à Lille par le Département du Nord sur le thème des violences faites aux femmes.

Le colloque en vidéo

Observatoire départemental des violences faites aux femmes

Tél. 03 59 73 71 71

ou 03 59 73 71 72

Un site national

Retrouvez sur le site national stop-violences-femmes.gouv.fr  toutes les informations sur les différents types de violence, mais aussi sur toutes les aides et ressources possibles.

Les deux salles du Théâtre du Nord étaient combles. De nombreux professionnels du Nord et d'ailleurs étaient venus écouter les experts qui ont abordé la thématique des violences conjugales sous différents angles : médical, psychiatrique, juridique…

 

Un observatoire centré sur les violences
faites aux femmes

 

Le titre du colloque était "Violences conjugales : hommes violents, femmes victimes, enfants co-victimes ; mieux comprendre pour mieux agir".

L'objectif de cette rencontre était donc clairement d'aider les professionnels (travailleurs sociaux, médecins, enseignants…) en lien avec des femmes potentiellement victimes de violence à s'exprimer d'abord, puis à sortir de cette situation délétère. 

 

Colloques violences conjugales 2

 

Ce fléau ne peut être éradiqué que par une volonté politique forte de collaborer avec tous les partenaires institutionnels et associatifs

a affirmé, dans son discours d'accueil, le président du Conseil général Didier Manier, avant d'annoncer officiellement la transformation de l'Observatoire départemental des maltraitances en Observatoire des violences faites aux femmes.

Cette évolution nous permettra de concentrer davantage nos moyens sur ce fléau. Nous voulons améliorer la prise en charge des victimes.

 

Kléber Arhoul, préfet délégué pour l'égalité des chances auprès du préfet de la région Nord-Pas-de-Calais, a notamment rappelé qu'en 2013 en France, plus de 216 000 femmes femmes avaient été victimes de violence de la part de leur partenaire et que 121 en étaient mortes :

C'est inacceptable, intolérable, indigne de notre pays. Au-delà des coûts que cela engendre, c'est une violence faite à la société.

 

 

"Si quelqu'un avait deviné, elles auraient parlé plus tôt"

 

Olfa Laforce, la responsable de l'Observatoire départemental des violences faites aux femmes, a fait le récit de l'histoire tragique d'Odile Zuliani, dont l'ex-conjoint a assassiné les trois enfants avant de se donner la mort.

Suite à ce drame, Mme Zuliani a décidé de témoigner publiquement lors de rencontres comme ce colloque afin d'aider d'autres femmes maltraitées à prendre conscience du danger que représente un conjoint violent.

 

colloque violences conjugales 3

 

Le psychiatre Roland Coutanceau, président de la Ligue française pour la santé mentale et auteur notamment de Amour et violence : le défi de l'intimité (ed. Odile Jacob), a d'abord insisté sur le rôle primordial des médecins généralistes mais aussi de l'entourage au sens large des femmes potentiellement victimes qui cachent leur situation.

Elles ont du mal à parler. Lorsque nous devinons ce qu'elles cachent, nous devons jeter des ponts vers elles. 90 % des victimes disent que, si quelqu'un avait deviné, elles auraient parlé plus tôt.

Il a aussi évoqué les différents types d'auteurs de violence : ceux qui reconnaissent leurs actes et en ont honte, les "immatures égocentrés" qui reconnaissent leurs actes mais estiment que ce n'est pas de leur faute, enfin ceux qui sont dans la négation brutale de leurs actes.

Il faut les les évaluer et adopter des stratégies sociales différentes selon les profils.

 

Après une présentation du service de médecine légale de Lille par le médecin légiste Gilles Tournel, Ernestine Ronai, coordinatrice nationale "violences faites aux femmes" au sein de la Miprof (mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des êtres humains) a évoqué la notion d'emprise. 

 

Colloque violence conjugale 4

Les femmes épousent un prince charmant. Après le mariage, il devient crapaud et elles s'imaginent que si elles l'embrassent bien, c'est à dire si elles font tout comme il l'exige, il redeviendra prince charmant.

Elle a opposé la stratégie de l'agresseur et celle du professionnel qui vient en aide à la victime, puis, après avoir cité Molière et Marivaux, a terminé par une citaition de Simone de Beauvoir :

La fatalité ne triomphe que si l'on y croit.

 

 

Prendre en charge aussi les enfants
… et les hommes violents

 

Mireille Lasbats, psychologue clinicienne au CHRU de Lille, a pour sa part évoqué les conséquence pour l'enfant, du fœtus à l'adolescent.

Le psychanalyste Alain Legrand a expliqué les méthodes de prise en charge des auteurs de violence, une prise en charge indispensable pour protéger les femmes et les enfants.

Enfin, Luc Frémiot, substitut général à la Cour d'appel de Douai exerçant les fonctions d'Avocat général près les cours d'Assises du Nord et du Pas-de-Calais, a rappelé l'évolution de la législation depuis le début des années 2000.

Il a expliqué pourquoi et comment il avait été le premier procureur à mettre en place l'éviction du conjoint violent du domicile, qui a ensuite été reprise par la loi en 2006.

Je ne peux pas supporter qu'une femme victime de violence doive quitter le domicile conjugal, ses enfants sous le bras et que le lieu où elle se sente le plus en danger soit le domicile conjugal. 

 

 



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