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"Je voulais découvrir “ce petit pays de l'est”"

Publié le 01 juillet 2014 | Le Nord Découvrir


Guillaume Narguet à Prague

Guillaume Narguet est journaliste à Radio Prague, en République tchèque. Un pays pour lequel il a eu un coup de cœur alors qu'il avait 20 ans. Retrouvez les confidences de ce ch'ti tchèque en quelques mots.

 

Jeunesse

Je suis né à Lille et j'ai grandi à Sainghin-en-Mélantois, où vivent toujours mes parents. Mes frères et sœurs ne sont pas loin non plus. J'ai passé mon bac au lycée Jean-Perrin à Lambersart où j'étais en section sports-études. Avant de partir pour Prague, j'ai aussi passé plusieurs belles saisons footballistiques à l'AS Templeuve.

 

Partir

La décision de partir a été à la fois un coup de cœur et un coup de tête. On l'oublie un peu aujourd'hui, mais à l'époque (à l'été 96), il n'y avait pas Internet, pas de téléphone portable. La République tchèque était un petit pays mal connu – ce qui est toujours le cas. Elle n'était pas membre de l'Union européenne. Il n'y avait pas toutes ces possibilités d'échanges pour les étudiants européens, l'avion coûtait relativement cher, etc. 

Je savais assez peu de choses de ce pays, je n'en parlais pas la langue mais j'avais un bon pressentiment. Je suis donc un peu parti à l'aventure, sans trop réfléchir. De toute façon, si j'avais réfléchi, je ne serais peut-être jamais parti.

Et puis, j'ai eu la chance, un peu par hasard, de pouvoir vivre la première année dans une famille pragoise. Des gens très gentils qui ont tout mis en œuvre pour que je m'adapte du mieux et du plus rapidement possible.

La dame était institutrice, elle m'a donc beaucoup aidé dans mon apprentissage du tchèque, une langue particulièrement compliquée. Et  je n'oublie pas le football. Jouer dans un club tchèque a été la meilleure école et le meilleur moyen de me faire des copains.

 

Attirance

Beaucoup de choses me plaisent dans ce pays. Les Tchèques

d'abord, et pas que les femmes qui sont très belles. Ce sont des gens qui peuvent sembler un peu froids au premier contact, sans aucun doute moins accueillants que ce à quoi nous sommes habitués dans le Nord. Mais une fois que vous avez gagné leur amitié, celle-ci est sincère et durable.

Ce sont aussi des gens très paisibles. Vous pouvez vous balader dans les rues de Prague et prendre les transports en commun à tout moment de la journée ou de la nuit, sans grands risques d'être agressé, pas même verbalement.

Quand je vois ou j'entends ce qui se passe en France, et notamment dans notre région, je me dis que c'est un vrai luxe. Autre exemple, pendant les nombreuses années passées à jouer au football à Prague, je n'ai jamais vu la moindre bagarre sur un terrain.

Même s'il n'y a pas la mer, c'est aussi un très beau pays, vallonné, avec un climat continental modéré, beaucoup de belles traditions. Et puis, Prague, bien sûr, est une ville dont on ne se lasse jamais, avec seulement 5 % de chômage. Et la bière est très bonne !

 

Anecdotes

J'en ai une qui, d'après moi, résume assez bien ce que sont les Tchèques. Il y a quelques années de cela, le président de la République était élu par le Parlement et l'élection se passait au Château de Prague, siège du chef de l'Etat tchèque.

Ma chef m'avait demandé de couvrir l'événement sur place. Cette fois-là, le vote avait été très long, ce qui, le soir lors d'une pause, m'a valu de croiser dans les toilettes le président réélu. Je ne me souviens plus de ce qu'il m'avait dit, mais il avait alors échangé quelques mots avec moi très simplement, comme le font parfois les hommes au-dessus d'un urinoir…

En même temps, cela m'avait permis de mesurer tout le chemin parcouru depuis mon premier cours de tchèque.

 

Avenir

A moins que France Bleu Nord, La Voix du Nord ou L'Equipe ne me sollicite pour suivre les matchs du LOSC et l'actualité dans le Nord, mon avenir est en République tchèque.

Plus sérieusement, mon épouse tchèque a un boulot qui lui plaît. Les enfants, même si je leur parle français à la maison, commencent à aller à l'école tchèque.

Nos amis vivent à Prague et moi, je n'ai pas de raison particulière de me plaindre. Alors, même si nous avons quelques projets, profitons déjà du présent sans nostalgie et sans trop penser à l'avenir non plus.

 

 


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