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Il y a trois siècles, l'incroyable bataille de Malplaquet

Publié le 28 septembre 2019 | Découvrir le Nord

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Il y a 310 ans, la bataille de Malplaquet à Taisnières-sur-Hon, dans l’Avesnois, a mis aux prises Louis XIV à une vaste coalition européenne. La défaite française fût sans lendemain, mais a laissé une célèbre comptine.

Philippe, petit-fils de Louis XIV, monte sur le trône d’Espagne en 1701. Voilà la famille Bourbon à la tête des deux plus grandes monarchies d’Europe, la France et l’Espagne.

Pour l’Autriche, l’Angleterre et les Pays-Bas, c’est inacceptable. Ces royaumes s’allient alors et entament la guerre de succession d’Espagne : de 1704 à 1708, l’armée française prend l’eau. Après les pertes de Lille, de Gand, de Bruges en 1708, Louis XIV confie ses troupes au maréchal de Villars, militaire respecté.

Une boucherie

En route pour sauver la ville de Mons, Villars tombe le 10 septembre 1709 sur les Anglo-Saxons commandés par le prince Eugène de Savoie et John Churchill, duc de Marlborough. L’inévitable confrontation a lieu le lendemain. Elle a pour cadre le lieu-dit Malplaquet, sur la commune de Taisnières-sur-Hon, près de Bavay.

La lutte est inégale. Les alliés disposent d’environ 110 000 hommes et 120 canons, contre 80 000 soldats et 80 canons, côté franco-espagnol.

Les troupes de Villars se retranchent en creusant des fossés et en édifiant des remparts.

Dès 8 h du matin, les alliés anglais, autrichiens et hollandais font parler la poudre. Il s’en suit une effroyable boucherie, la plus meurtrière bataille du 18ème siècle.

Dans la mêlée, on en perd son latin. Le Royal Irlandais français (catholique) ferraille contre le Royal Irlandais britannique (protestant), les régiments de Suisses alliés des Français se heurtent aux régiments suisses des alliés !

Mais en fin de journées, les Français doivent battre en retraite. Cependant, Anglais, Autrichiens et Hollandais sont exsangues. 20 000 d’entre eux, soit près du double des pertes françaises, jonchent le champ de bataille. 

Malbrough s’en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine…


John Churchill, duc de Marlborough, par Gofrey Kneller

Toujours est-il que l’envahisseur ne peut poursuivre sa marche en direction de Versailles comme prévu, et surtout, l’argent fait défaut pour poursuivre les hostilités.

Cependant, le maréchal de Villars aura sa revanche trois ans plus tard à Denain…

En marge de la bataille, la rumeur a couru que le duc de Marlborough avait perdu la vie. Il ne fut en réalité que blessé. Mais selon la légende, des soldats français cantonnés dans une ferme d’Orsinval, au nord de Le Quesnoy, auraient écrit cette fameuse et populaire chanson satirique, chantée plus tard dans tout Versailles : "Malbrough s'en va-t-en guerre".