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Un projet musical pour de jeunes autistes à Wattrelos

Publié le 02 avril 2019 | Autonomie Handicap Seniors

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Le projet "Électrons libres", soutenu par le Département du Nord et porté par l'association Autour des Rythmes Actuels (ARA), propose des ateliers musicaux aux résidents autistes du Foyer d'Accueil Médicalisé (FAM) de Wattrelos.

Un son semblant venir d’un jeu vidéo d’arcade envahit la pièce. Soudain, Laureline fait bouger le joystick, le son se transforme. Anthony se met à sautiller en rythme, tandis que Simon tape dans ses mains. Ces jeunes autistes profitent d'une pause musicale grâce aux séances d'exploration sonore proposées jusqu'au mois de juillet par le musicien électronique Maxime Duhamel et le luthier sauvage Sébastien Faszczowy.

Le but, c'est d'aller plus loin dans les pratiques et de faire travailler les autistes avec des objets qui leur sont adaptés

explique Jessica Ruelle, chargée de communication d'Autour des Rythmes Actuels (ARA).

Se réapproprier les sens

La lutherie sauvage, qui consiste à créer des instruments à partir de matériaux de récupération, est particulièrement adaptée aux résidents du Foyer d'Accueil Médicalisé (FAM). Ces instruments novateurs, fabriqués avec des élèves de l'École de la 2ème Chance, sont faits de bois, de plastique ou encore de métal... autant de matériaux grâce auxquels les jeunes autistes développent leur toucher.

Maxime Duhamel, lui, travaille à l'aide de joysticks et de boîtiers d'effets qui permettent d'affecter un son. Les boutons et touches disponibles sont autant d'appuis sensitifs avec lesquels les jeunes du foyer peuvent créer différentes sonorités.

Ensemble, les musiciens ont aussi créé un tapis sensoriel recouvert de plusieurs matériaux différents. Grâce à des capteurs, le son des frottements contre chacune des textures est amplifié. À l'aide de cette installation, les jeunes du FAM associent leur action à un son et font de chaque surface un instrument de musique. Tous ensemble, ils créent leur propre concert.

La dernière fois, on a fait trembler la salle !

assure Maxime Duhamel en plaisantant.

Créer des rencontres 

Certaines personnes atteintes d’un trouble du spectre autistique ont souvent du mal à communiquer et à exprimer leurs sentiments. C'est pourquoi les ateliers de l'ARA leur offrent un moment à partager avec leurs éducateurs ou leurs camarades.

Avec Sébastien Faszczowy, les jeunes ont par exemple fabriqué une cithare sur laquelle ils peuvent jouer simultanément, tous ensemble.

Par l'intermédiaire de la musique, on assiste à une rencontre entre deux individus, ce qui est déjà une forme de communication

se réjouit Fabrice Poissonnier, chef de service du FAM.

Ces moments de partage réservent parfois de belles surprises. Pierre, qui reste muet habituellement, a réussi à donner de la voix lors d'une de ces séances.

La musique est un biais pour découvrir plein de capacités qu'on ne verrait pas autrement

affirme Maxime Duhamel.

Les dispositifs mis au point par les deux musiciens de l'association sont peu coûteux et reproductibles par d'autres structures. Ainsi l'ARA participe-t-elle à l'accompagnement de l'autisme sur le territoire.