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Ces héros de la Grande Guerre venus d'ailleurs...

Publié le 31 octobre 2018 | Découvrir le Nord

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Ils étaient britanniques, américains, australiens, canadiens, indiens, chinois ou néo-zélandais, et ont donné leur vie pour libérer le Nord en 1918. Exemple à Le Quesnoy et à Fromelles.

C'est une simple échelle posée contre un pan de remparts de Le Quesnoy. Des soldats la gravissent et, un à un, basculent dans la place, 9 mètres plus bas. Un château fort assiégé au Moyen-Âge ? Vous n'y êtes pas !

Emmenés par le second lieutenant Leslie Averill, étudiant en médecine originaire de Christchurch, les assaillants venaient de Nouvelle-Zélande. Ils ont employé ce moyen rudimentaire pour franchir le bastion Saint-Martin, le 4 novembre 1918, et libérer en une journée la ville de Le Quesnoy et les 1 500 habitants qui y demeuraient encore. Au passage, 2 000 allemands ont été faits prisonniers, les "Kiwis" déplorant 90 morts, tués à 20 000 km de chez eux.

C'est presque une goutte d'eau face au tribut payé par ces valeureux soldats durant la Première Guerre mondiale. En effet, 100 000 Néo-Zélandais, soit 10% de la population du pays, ont été envoyés en France ou en Belgique. 18 000 d'entre eux ne reviendront pas.

Fromelles, sanctuaire australien


Peu connue des Français, la bataille de Fromelles, dans les Weppes, a mis aux prises Australiens et Britanniques contre l'envahisseur. Elle fut le théâtre des plus sanglants combats qu'ait connu l'Australie. Une boucherie qui fera 5 533 victimes, morts ou blessés, côté australien...

Les 19 et 20 juillet 1916, le front créé par les Alliés pour faire diversion à la bataille de la Somme, tourne en effet au cauchemar. L'assaut a été lancé le 19 juillet à 18 h. Sont engagées, la 5ème division australienne et la 61ème division britannique. Durant la nuit, les Australiens gagnent un peu de terrain, mais  « leurs chefs morts au combat, les jeunes se retrouvent esseulés et reperdent aussitôt le terrain grappillé », raconte Thomas Bouckenooghe, médiateur au musée de la bataille de Fromelles, un musée qui voit passer 12 000 visiteurs par an, dont 45 % d'Australiens, descendants ou pas des valeureux soldats.

« En 2007, on a retrouvé en un même endroit, à deux kilomètres du village, les corps de 250 Australiens », rapporte-t-il. Peu à peu, les analyses ADN viennent mettre des noms sur ces soldats inconnus. 159 d'entre eux ont pour l'heure été identifiés.

 

 histoire d'un jour - héros venus d'ailleurs

Soldats australiens au front près de Le Quesnoy

Devoir de mémoire

Australiens, Néo-Zélandais, mais aussi Indiens ou Canadiens, qu'est-ce qui a poussé ces hommes à traverser les océans pour se battre en Europe de l'ouest ?

« La quête d'aventure a été un moteur important », explique Thomas Bouckenooghe. « On sait que beaucoup de jeunes se disaient qu'il y avait là une occasion unique de voyager, de voir du pays. Et puis, il y avait aussi l'appât du gain, non négligeable pour ces gens de condition modeste. »

Chez les Anglo-saxons, le devoir de mémoire est profondément ancré dans les cœurs. « Ils se sentent particulièrement impliqués, concernés, c'est très émotionnel », décrit M. Bouckenooghe.

À Le Quesnoy comme à Fromelles, des liens forts se sont noués entre les descendants de soldats et la population. Témoin, chaque 4 novembre, la ville rend hommage à ses libérateurs, tout comme l'ambassade de Nouvelle-Zélande en France qui, chaque année en avril, dépêche des représentants à Le Quesnoy à l'occasion de l'Anzac Day (Australian and New Zealand army corps), grande fête patriotique océanienne.

À Fromelles, les Australiens viennent également en grand nombre chaque 19 juillet pour la célébration de la bataille.

Une fraternité qui, depuis 100 ans, ne faiblit pas...

 

Photo du haut : Soldats australiens au front près de Le Quesnoy