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Aidants :"être là aussi pour les bons moments"

Publié le 05 octobre 2018 | Autonomie Handicap Seniors

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Depuis deux ans, Martine Pépé aide au quotidien un proche malade. Elle est elle-même accompagnée par la Maison d'Aloïs, plateforme de répit du Dunkerquois. À l'occasion de la journée nationale des aidants, nous sommes allés à sa rencontre.

Cela fait une dizaine d'années que Martine Pépé partage la vie de Michel. Mais depuis deux ans, ce dernier est atteint de troubles neurologiques liés au vieillissement qui ont eu raison de son autonomie au quotidien. Au fil des mois, Martine est donc devenue l'aidante proche de Michel.

Se faire aider pour mieux aider

Pour cette dynamique Dunkerquoise, le rôle d'aidante a quelque chose de valorisant : on est utile à celui qu'on aime et on lui apporte ce dont il a besoin. Mais avec l'aide de l'équipe de la Maison d'Aloïs qui l'accompagne, elle a aussi pris conscience qu'elle se donnait beaucoup d'obligations et s'imposait des charges pour lesquelles des professionnels pouvaient intervenir.

Tout doucement, j'ai repris un peu d'indépendance en mettant en place un environnement familial et professionnel pour prendre soin de Michel. J'ai compris que je suis mieux quand je suis là pour les bons côtés. Et si je passe un bon moment à l'extérieur, je suis plus apte à m'occuper de lui en rentrant

témoigne-t-elle.

Au sein de la plateforme d'accompagnement et de répit du Dunkerquois, Martine Pépé a reçu une écoute bienveillante qui a neutralisé ses angoisses. Elle a aussi pu suivre une formation sur le comportement à adopter face au type de pathologie dont est atteint son compagnon.

Pour Noémie Franchois, infirmière coordinatrice à la Maison d'Aloïs, cette compréhension de la maladie est essentielle :

Plus l'aidant connaît la maladie, plus il comprend que l'autre n'est pas fautif. Cela permet de diminuer son niveau d'exigence et d'apaiser les tensions pour ne garder que l'essentiel : ce qu'il est encore possible de faire avec la maladie.

 goûter des aidants à la Maison d'Aloïs

Située à Bergues, la Maison d'Aloïs organise chaque semaine des goûters conviviaux pour les aidants.

 

Des moments inoubliables

Grâce à l'aide apportée par l'équipe de professionnelles de la Maison d'Aloïs, Martine Pépé a aussi pu réaliser un projet qui lui tenait particulièrement à cœur :

Je voulais partir 3 jours à Paris rien qu'avec mes filles, sans leurs conjoints, ni leurs enfants, ni Michel. La Maison d'Aloïs m'a trouvé une solution pour s'occuper de Michel en mon absence. Ça a été ma première évasion depuis l'apparition de sa maladie. Un moment inoubliable.

L'aidante a également participé à un séjour de répit, avec Michel cette fois-ci. Encore de très bons moments partagés et un déclic : celui de voir tout ce que son compagnon était encore capable de faire et qu'elle ne soupçonnait pas. Pas facile en effet pour des non-professionnels de mesurer les capacités restantes du proche aidé et de ne pas "faire à la place de"...

C'est également durant ce séjour que Martine Pépé a découvert la possibilité pour son compagnon de bénéficier d'un accueil de jour temporaire. Une solution de plus pour que l'aidante puisse à nouveau penser à elle tout en continuant à partager la vie de son compagnon.

Car comme le résume Noémie Franchois,


le but d'une plateforme d'accompagnement et de répit, c'est de favoriser le maintien à domicile le plus longtemps possible. 

Et ça marche ! 

 

Photo d'ouverture: Martine Pépé et Noémie Franchois (G. Leplat)