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Louise de Bettignies, héroïne Nordiste de la Grande Guerre

Publié le 27 septembre 2018 | Découvrir le Nord

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Cent ans après, le Nord se souvient de la mort de Louise de Bettignies, célèbre espionne qui a marqué l'histoire de la Première Guerre mondiale. Pour lui rendre hommage, un timbre à l'effigie de cette femme engagée sera diffusé à partir du 1er octobre.

Vers un destin hors norme

Louise Marie Henriette Jeanne de Bettignies est née le 15 juillet 1880 à Saint-Amand-les-Eaux, dans une famille bourgeoise. Elle reçoit une éducation plutôt classique et suit de brillantes études secondaires, notamment à l'Université d'Oxford (Royaume-Uni) et à la faculté des lettres de l'Université de Lille.

Grâce à sa parfaite maîtrise de l'anglais et à sa bonne connaissance de l'allemand et de l'italien, elle devient préceptrice dans plusieurs pays d'Europe. Il lui est même proposé de prendre en charge l'éducation des enfants de François-Ferdinand, l'héritier du trône d'Autriche dont l'assassinat allait déclencher le premier conflit mondial. La jeune femme refuse le poste afin de conserver sa nationalité française, mais l'Histoire ne va pas tarder à la rattraper.

De Louise de Bettignies à Alice Dubois

Dès l'invasion de Lille par les Allemands en octobre 1914, Louise de Bettignies décide de s'engager dans la résistance et l'espionnage. Surprise par l'ennemi à son domicile lillois de la rue d'Isly, elle part pour l'Angleterre. La jeune Amandinoise est débrouillarde, intelligente, déterminée et polyglotte: elle est rapidement contactée par l'Intelligence service (services de renseignements extérieurs du Royaume-Uni) qui lui proposent de travailler pour eux. Séduite par leur pragmatisme et leur efficacité, Louise de Bettignies s'engage à leurs côtés et devient alors Alice Dubois.


La Grand-Place de Lille durant la guerre

De retour en France, elle fait équipe avec Charlotte Lameron, une jeune infirmière roubaisienne dont le véritable nom est Marie-Léonie Vanhoutte. Ensemble, elles font passer des hommes en Angleterre, recueillent des informations sur les mouvements de troupes, repèrent les emplacements des équipements militaires ennemis, etc. L'un des derniers messages transmis par Louise de Bettignies annonçait la préparation de la bataille de Verdun en 1916. Une information relayée au commandement français... qui ne l'a pas crue.

Le 20 octobre 1915, la femme de l'ombre est arrêtée par les allemands à Tournai (Belgique). Après six mois d'interrogatoire dans la prison bruxelloise de Saint-Gilles, elle est condamnée à mort puis voit sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité. Louise de Bettignies est alors envoyée dans une prison allemande où elle conduit une révolte en 1917. Mise à l'isolement dans un cachot insalubre, elle contracte une pneumonie qui lui sera fatale. Elle s'éteint le 27 septembre 1918, à 38 ans.

 

Photos: © Archives départementales du Nord