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Le Nord, une histoire d'amour avec le tour

Publié le 15 juillet 2018 | Découvrir le Nord

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Le Nord, terre de cyclisme, c'est une évidence. Et si nous revisitions l'histoire du Tour dans le Nord ?


Dans la roue du Paris-Roubaix créé en 1896, le journal l'Auto invente le Tour de France le 19 janvier 1903. Dès lors, les pavés du Nord vont devenir l'un des passages obligés de ce qu'Henri Desgranges, fondateur du Tour, appelle déjà "la plus grande épreuve cycliste du monde entier."

Nous sommes le 1er juillet 1903. Il y a 115 ans. À l'initiative du journal L'Auto imprimé sur papier jaune, est lancé le premier Tour de France de vélocipède. Cet étrange moyen de locomotion est apparu dans la seconde moitié du 19ème siècle et a vite connu un énorme engouement, surtout avec l'invention des pneus en caoutchouc plutôt qu'en bois...

Au départ, le Tour de France évite le Nord, mais c'est un Lensois d'adoption, le mythique Maurice Garin, qui emporte la première édition.

Il faut attendre trois ans, soit en 1906, pour que le Tour débarque dans le Nord. L'arrivée est en effet prévue à Lille, pour la première étape, Paris-Lille. Le vainqueur est Emile Georget, émérite coureur du centre de la France. Le lendemain, la seconde étape amènera les coureurs de Douai à Nancy.

A partir de 1906, le Tour de France va régulièrement rendre visite au Nord, et notamment à Roubaix, ville équipée d'un vélodrome situé à Croix, à côté du parc Barbieux.


Crupelandt, régional de l'étape


En 1910, cocorico, 20 000 Roubaisiens assistent, émerveillés, à la première victoire d'un Nordiste. Le héros du jour s'appelle Charles Crupelandt. C'est le régional de l'étape, originaire de Wattrelos. Il récidivera à Dunkerque en 1912.

Au sortir de la première guerre mondiale, le Nord n'est plus qu'un champ de ruines. Pourtant, dès 1919, il a les honneurs d'un nouveau passage, destination Dunkerque. Plus que jamais, les pavés sont redoutables. Il y en a partout ! Ainsi, en 1924 au départ de Metz, le coureur Romain Bellenger mettra plus de 20 h pour rejoindre Dunkerque. La ville cédera la place, à partir de 1929, à sa voisine de Malo-les-Bains. Une dernière visite en 1933 et Dunkerque ne reverra pas la Grande boucle avant 25 ans. La seconde guerre mondiale et ses dégâts vertigineux pour la ville de Jean Bart n'y auront pas été étrangers...


Sur le pavé, du macadam !


Le Tour de France renaît en 1947, sous les auspices du duo Jacques Goddet / Félix Lévitan. Roubaix, elle, revient doublement dans la course en 1948 avec l'arrivée de l'avant-dernière étape Liège-Roubaix et du départ, le lendemain, de l'étape Roubaix-Paris.

Le 26 juin 1960, le Tour part de Lille, direction Bruxelles et l'année suivante, il est de retour au vélodrome de Roubaix pour une victoire d'André Darrigade.

En 1967, il est victime d'un acte de vandalisme, ou presque ! En effet, des secteurs pavés sont au menu des coureurs entre Amiens et Roubaix. Mais, ce qu'on l'on appelle à l'époque les Ponts et Chaussées, recouvrent de macadam, sans prévenir les organisateurs, quelque 20 km de ces précieux pavés !

En 1968, Jean-Marie Leblanc, natif de l'Avesnois comme chacun sait, termine son premier Tour de France à la 58e place. Il n'en disputera finalement qu'un deuxième, en 1970.

Une autre grande figure du cyclisme nordiste s'est illustrée dans les années 60, en la personne de Jean Stablinski. Au total, le franco-polonais a participé à 12 tours de France. On se souvient notamment de lui en tant que fidèle équipier de Jacques Anquetil. Il boucla également 6 tours de France en tant que directeur sportif et à ce titre, il a notamment coaché Lucien Van Impe, a lancé Robert Mintkiewicz, et a découvert Bernard Hinault. Rien que ça !


Fontaine vit le pire !


Au début des années 80, le Nord reste toujours particulièrement prisé du Tour. Ainsi, dès 1980, Bernard Hinault remporte une étape épique sous la pluie. En 1982, le Tour reste même 2 jours dans le Nord, à Fontaine-au-Pire et à Orchies. L'étape Orchies-Fontaine-au-Pire, un contre-la-montre par équipe, est marqué par la perturbation de la course par des ouvriers d'Usinor Denain craignant pour leurs emplois. Une réunion avec les organisateurs est improvisée et finalement, l'étape est annulée. Promesse est néanmoins faite de revenir à Fontaine-au-Pire en 1983. La promesse sera tenue.

En 1984, le Tour passe encore deux jours et trois étapes, avec notamment une arrivée à Louvroil et une victoire de Marc Madiot. En 1988, la ville de Wasquehal inaugure une série de plusieurs arrivées, dont cette année-là un contre-la-montre remporté par Sean Yates.

1994 est une année chaotique. Lille inaugure son Grand Palais, le Zénith et Eurallile en accueillant le départ du Tour sous une chaleur écrasante. Le lendemain, à l'arrivée à Armentières, un policier veut prendre une photo, se décale, et provoque une spectaculaire chute de Laurent Jalabert.

D'autres départs auront lieu dans le Nord, notamment en 2001 à Dunkerque et en 2010 à Cambrai. L'histoire est toujours en route !