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Des routes-réservoir pour mieux gérer l'eau

Publié le 05 juillet 2018 | Voirie Mobilité

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Les chaussées-réservoirs sont l'un des procédés qui permettent d'offrir une gestion alternative des eaux pluviales sur les routes départementales. Cette technologie présente de nombreux avantages, notamment en matière de lutte contre les inondations.

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C'est l'assocation douaisienne ADOPTA (Association pour le Développement Opérationnel et la Promotion des Techniques Alternatives en matière d'eaux pluviales) qui est à l'origine de l'essor du concept des chaussées-réservoirs. Si la technologie existe depuis près de 20 ans, elle a beaucoup évolué depuis ses débuts et se prête aujourd'hui à tous types de routes, y compris celles à fort trafic.

Membre de l'ADOPTA, le Département du Nord -gestionnaire de 4 500 km de routes départementales- organisait fin juin à Lille une conférence pour faire connaître, auprès de tous les acteurs concernés (donneurs d'ordre, ingénieurs, entreprises de travaux publics...) cette technologie d'avenir.

Comment ça marche ?

Le principe est extrêmement simple: recréér le cycle naturel de l'écoulement de l'eau. Dans la nature, la pluie qui tombe sur le sol peut s'évaporer, rejoindre lentement les cours d'eaux ou s'infiltrer progressivement dans les sols.

Les routes à réservoir permettent de stocker l'eau sous le rêvetement de chaussée et de récréer ces infiltrations

explique Marie-Ange Feneuil, responsable du Plan de Recherche et d'Innovation Départemental (PRID).

L'eau de pluie stockée est retenue dans la structure de la route. Elle peut alors s'infiltrer dans le sol qui se trouve sous la chaussée ou, si la route n'est pas assez perméable, dans des ouvrages tels que des noues.

Quels sont les avantages ?

Le principal intérêt des chaussées-réservoirs consiste à limiter les risques d'inondations en stockant une grande quantité d'eau pluviale. En cas de forte pluie, elles évitent la saturation des cours d'eau, des réseaux d'assainissement et donc la stagnation d'eau sur les voies de circulation.

L'infiltration dans les sols des eaux de pluie, plutôt que leur évacuation, permet aussi de recharger les nappes phréatiques

note Marie-Ange Feneuil. Elle joue aussi un rôle dans l"humidification des sols pour éviter un sentiment de sécheresse et de chaleur souvent ressenti en agglomération: le phénomène dit de "l'ilôt de chaleur".

Il existe aussi un intérêt économique, puisque le recours aux routes-réservoirs, tout comme l'installation de noues* paysagères, permet de limiter la construction d'ouvrages plus côuteux en construction comme en entretien.

* Une noue est une sorte de fossé peu profond large conçu pour permettre l'infiltration ou l'évaporation des eaux de pluie

L'implication départementale

Dans le cadre du PRID, le Département investit le champs de la gestion intégrée des eaux pluviales. Plusieurs tronçons de routes départementales ont déjà été réalisés à titre expérimental avec techniques alternatives (chaussée-réservoir rue des Frères Martel à Douai, noues sur la déviation de Cantin). Le Département étudie aujourd'hui l'opportunité de généraliser cette technologie qui peine encore à se faire une place sur nos routes.

 

Photo : Cédric Arnould