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Mai 68 : comment ça s'est passé dans le Nord ?

Publié le 07 mai 2018 | Découvrir le Nord

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Le mois de mai 1968 est resté gravé dans les mémoires de ceux qui l’ont vécu, et fait désormais partie de notre histoire collective. Dans une France agitée, le Nord a pris sa part aux événements.

Histoire d'un jour

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La mobilisation Nordiste

Comme dans tout le pays, les universitaires nordistes déplorent l'inefficacité des réformes d'enseignement et le manque de moyen pour les mettre en œuvre. Le 3 mai, les jeunes de la faculté de lettres et sciences humaines de Lille se mettent en grève. Quatre jours plus tard, ce sont 3 000 étudiants et leurs professeurs qui défilent dans le calme jusqu'au rectorat lillois. Le 13 mai, leur cortège rassemble environ 12 000 manifestants. À Lille, les examens sont retardés dans les facultés de droit et de lettres, l'école des Beaux-arts et l'école régionale d'architecture sont fermées.

Mais c’est dans le monde du travail que la colère du Nord se fait plus durement sentir. Le 11 mai, les ouvriers sont près de 30 000 à défiler dans les rues de Lille. Car la région connaît alors de graves difficultés économiques. Dans les secteurs de la sidérurgie, de la métallurgie, du textile et des mines, la production industrielle s’effondre. À cette époque, le chômage concerne 50 000 Nordistes et les revendications sont largement marquées par la lutte pour la sauvegarde des emplois.

 

mai 68 rue du Molinel Archives

Mobilisation ouvrière rue du Molinel le 11 mai 1968

Dès le 13 mai, des mouvements de grève prennent corps au sein des principales usines métallurgiques de l’agglomération lilloise : Massey-Freguson, Decauville, Crane, Fives-Cail, Peugeot et Thomson. Des voix s’élèvent également du côté de la filature Agache, de la blanchisserie Flamant-Delval ou encore de Kuhlmann à La Madeleine. Dans les secteurs des chemins de fer, des mines et des ports, l’activité cesse.
Le 26 mai,
plus de 800 entreprises Nordistes sont en grève, dont 349 avec occupation des sites.

Une vie quotidienne perturbée

Courant mai, l'onde de la contestation se propage et se répercute jusque dans la vie quotidienne. La paralysie qui gagne du terrain un peu partout n'épargne pas le Nord.
 
La presse régionale ne parvient plus à se frayer un chemin jusque dans les boîtes aux lettres de ses abonnés. On circule par contre plutôt bien sur l'autoroute Paris-Lille même si la pénurie d'essence menace : le péage a été supprimé ! Du côté de la frontière franco-belge, les barrières douanières sont levées avant que le trafic, vers la fin du mois, ne soit finalement bloqué aux douanes d'Halluin.
 
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Scène de vie quotidienne en mai 68 dans le Nord
 

Et dans les cafés du Nord, plus de bière pression ! Seule la brune de Denain en cannettes reste disponible chez ceux qui ont pu aller se ravitailler par leurs propres moyens. On s'inquiète aussi du côté des fumeurs : les cigarettes commencent à manquer...

En juin, la situation s'apaise progressivement. Dans le Nord, la reprise du travail chez Usinor-Dunkerque, dernier bastion de la contestation ouvrière, est effective le 26. La vie quotidienne reprend aussi son cours, après 30 jours qui marquèrent le pays.

 

Photos : © ADN/Collection BIMOI/Fonds Liberté