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2 octobre 1918, Armentières est libérée

Publié le 15 janvier 2018 | Découvrir le Nord

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Ce 2 octobre 1918 sonne comme une délivrance pour la population armentiéroise. Les troupes britanniques ont repris la ville. La ville ? Quelle ville ? Il ne reste plus grand chose d’Armentières, détruite à 78 %.

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Celle qui a construit sa fortune sur l’industrie textile, notamment le lin, ce qui lui valu d’être surnommée "La Cité de la toile", a eu le malheur d’être située à quelques encablures de la vallée de la Lys et donc du front, d’octobre 1914 à avril 1918.

 

Le gaz pousse à évacuer

Pendant presque toute la durée du conflit, Armentières a été sous contrôle des armées britanniques. C’est pourquoi elle a subi d’incessants bombardements, de jour comme de nuit, les pires destructions ayant eu lieu en juillet 1917. Elle fut même la première ville française où les civils ont eu à souffrir des gaz, et notamment de l’Ypérite, le fameux gaz moutarde.

Ainsi, l’officier d’Intendance écrit au maire d’Armentières, Henri Chas, une lettre très explicite : "Les médecins militaires anglais qui sont de service à Armentières désireraient voir évacuer tous les enfants pour les mettre à l’abri du danger et prévenir des tics ou tremblements nerveux qui résulteront certainement plus tard des fréquents bombardements auxquels ils ont été exposés."

Le sous-préfet d’Hazebrouck y va aussi de son constat en écrivant au préfet du Nord : "La situation de la ville d’Armentières apparaît comme très grave et empire de jour en jour", exhortant la population à évacuer complétement la ville.

 

 

Rien que durant la nuit du 29 au 30 juillet 1917, plus de 5 000 obus à gaz sont tombés sur les habitants.  

L’ordre d’évacuation totale de la ville finit par arriver le 12 août. Mais beaucoup d’Armentiérois se demandent bien où aller.

 

Ville martyre

Livre Armentières 14-18. Cédric ArnouldPendant ce temps, les villes d’Houplines, de la Chapelle d’Armentières et de Bois-Grenier sont rayées de la carte. Le 11 avril 1918, Armentières est reconquise par les Allemands. Ils pillent ce qu’il reste de métaux, de bois, et finissent par mettre à bas le beffroi de l’hôtel de ville.

Cependant, cette occupation ne dure pas longtemps. Le 2 octobre 1918, les Anglais reprennent Armentières, définitivement.

Le 11 novembre, jour de l’Armistice, la Cité de la toile est une ville martyre. Elle n’est plus qu’un amas de pierres soufflées par un ouragan de fer et de feu…

Cette histoire, tragique, d’Armentières est contée dans un superbe ouvrage : Armentières 1914-1918, les jours sombres de la Cité de la Toile (Pôle nord éditions. 35 €).

On le doit à Hans Landler, président de l’Association des amis de la cité de la toile et historien amateur.