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7 décembre 1917 : un tank dans la guerre

Publié le 10 novembre 2017 | Le Nord Découvrir


Ce jour-là, la bataille de Cambrai s’achève. Elle laisse derrière elle près de 100 000 morts. Et une nouvelle arme de guerre a fait son apparition : le tank britannique Mark. Il en existe encore un, Déborah, exhumé en 1998 à Flesquières, dans le Cambrésis. On pourra bientôt l’admirer au sein du futur Centre d'interprétation de la bataille de Cambrai...

Passionné par la Grande guerre, Philippe Gorczynski est convaincu que la bataille de Cambrai et l’introduction du tank Mark IV ont changé le visage de la guerre. Il s’est mis en quête d’en retrouver un et en 1998, après de longues années de recherches, lui et une équipe d’archéologues ont fini par exhumer Déborah. Il s’agit un tank enterré à Flesquières à la fin des combats.

C’est un monument de la Grande Guerre

se réjouit Philippe Gorczynski.

 

Un monstre sur le champ de bataille

 

Déborah est un monstre de ferraille de 26 tonnes. Lorsque l’assaut était lancé, l’équipage vivait un véritable enfer à l’intérieur. Beaucoup devenaient sourds à cause du bruit du moteur ou succombaient
 aux vapeurs de monoxyde
 de carbone.

La présence des tanks aux côtés de l’infanterie préfigure les combats de la Seconde Guerre mondiale. En utilisant les chars blindés, les généraux ont inventé une nouvelle façon de faire la guerre ! 

 

Tank flesquières

Le tank de Flesquières lors de son transfert
au Centre d'interprétation de la bataille de Cambrai, le 26 juillet 2017. 

 

Mais revenons aux combats de cette fin 1917 dans le Cambrésis.

Il est 6 h 20 à Flesquières ce 20 novembre 1917, lorsque plusieurs centaines de tanks déferlent sur les lignes allemandes. Un vacarme assourdissant, une fumée épaisse qui plonge les hommes dans le brouillard. C’est la panique dans les tranchées. Le général Byng, commandant la troisième armée britannique, a choisi d’attaquer par surprise, sans bombardement préalable. Il espère ainsi gagner du terrain vers le nord en perçant la fameuse ligne Hindenburg autour de Cambrai.

 

Une percée de 9 km... pour rien

 

Les premières heures de la bataille lui donnent raison. Équipés de grappins spéciaux, 476 tanks ouvrent la voie en brisant les lignes de barbelés. Viennent ensuite les divisions d’infanterie qui appuient les soldats par le feu. Les Allemands se replient face à cet assaut.

8 000 d’entre eux sont faits prisonniers et les troupes britanniques se déplacent de 9 km vers le nord. Ils ne sont plus qu'à 5 km de Cambrai. Le 23 novembre en Grande-Bretagne, les cloches résonnent dans tout le pays pour célébrer une victoire que l’on croit largement acquise.

Mais le 30 novembre, les renforts allemands lancent une contre- offensive spectaculaire.

L’opération fait regagner aux Allemands le terrain conquis par les Britanniques. Le 7 décembre 1917, la bataille de Cambrai se termine sur un statu-quo, qui a quand même fait 45 000 morts côté allemand comme côté britannique.

La situation militaire n’a guère évolué mais les généraux savent qu’il faut désormais compter avec la puissance du tank sur les champs de bataille. 


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