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"Il faut accepter de se former, de changer de voie"

Publié le 08 février 2017


Yvonne Tassou, présidente de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises du Nord. Photo : C Arnould

Une convention passée entre la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises du Nord et le Département va favoriser le retour à l’emploi des allocataires du RSA et permettre aux PME de recruter la main-d’œuvre qu’elles peinent à trouver. Rencontre avec Yvonne Tassou, présidente de la CPME qui nous présente ce dispositif.

Du RSA à l'emploi : Quel est votre parcours ?

J’ai commencé au guichet dans une banque et j’ai gravi tous les échelons avant d’en être la directrice. Ensuite, avec un associé, j’ai créé Acofi92-Sefico92 une société de conseil en entreprise dans le secteur de la gestion de paie et du recouvrement de créances. En 1993, nous avons adhéré à la CGPME, qui s’appelle depuis janvier 2017 la CPME. Lorsque le Président a dû quitter son poste pour raison de santé, j’ai été élue pour le remplacer. Je termine actuellement un nouveau mandat.

Je suis aussi présidente de l’URSSAF Nord Pas-de-Calais, membre associée de la CCI Grand Lille et de la CCI de Région et membre du CESER dont je suis vice-présidente en charge de la commission santé, sport et lien social. Tous ces mandats sont complémentaires et visent à conseiller les entreprises, à être à leur écoute, à leur proposer des actions pour les aider dans leur quotidien. Ce qui explique mon engagement auprès du Département pour favoriser le retour à l’emploi des allocataires du RSA.

 

Pourquoi la CPME s’implique-t-elle dans le retour à l’emploi des allocataires du RSA ?

En novembre 2015, le Président du Conseil départemental, Jean-René Lecerf a entamé un dialogue avec le monde économique. J’étais l’une des invitées. Cette rencontre m’a interpellée. J’avais d’un côté des chefs d’entreprises qui me disaient avoir des offres d’emploi qu’ils n’arrivaient pas à pourvoir et qui recevaient parfois des gens peu motivés, et de l’autre le Département qui consacre un budget colossal au financement du RSA alors qu’il y a des allocataires en situation de pouvoir accéder à l’emploi. Or, les PME-TPE (de 1 à 250 salariés) qui représentent 99% des entreprises couvrent 47% du marché de l’emploi.

 

"Nous nous adressons aux personnes qui sont les moins éloignées de l’emploi et qui sont motivées"

 

Comment avez-vous décidé d’agir ?

J’ai nommé un chargé de mission, Thomas Fournier qui fait le lien avec 7 chefs d’entreprises très motivés pour aider des personnes à retrouver un emploi et qui sont sensibles à la question de l’insertion. Ils sont répartis sur les 7 bassins d'emploi du département. Leur rôle sera d’activer leur réseau pour faire remonter les demandes des entreprises afin que le Département puisse positionner des allocataires du RSA sur les postes à pourvoir. Nous avons concrétisé ce partenariat avec le Département par le biais d’une convention.Thomas Fournier centralise les informations venant des GOME (Groupes opérationnels de mise à l’emploi) qui permettent de faire se rencontrer des gens de terrain. Nous avons un intérêt commun : quand une personne retrouve un emploi, elle contribue à faire fonctionner l’économie. Cela crée une dynamique.

 

Quels profils recherchez-vous ?

Nous nous adressons aux personnes qui sont les moins éloignées de l’emploi et qui sont motivées. Les gens doivent comprendre qu’aujourd’hui il faut accepter de se former en permanence, de se remettre en question, de changer de voie au cours de carrières qui ne se font plus au sein d’une seule entreprise. Les entreprises de leur côté réfléchissent à de nouvelles manières de travailler : le télétravail, le co-working… La mobilité ne doit plus être un frein.

 

Quels sont les secteurs qui recrutent ?

Il y a la branche de l’hôtellerie, de la restauration. Et celle de l’intérim. Pour cette dernière, c’est un signe avant-coureur que l’industrie et la construction redémarrent et ont une activité porteuse. La construction du canal Seine-Nord devrait aussi favoriser le développement de l’emploi local.