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"Maintenant je n'ai plus peur de grand-chose !"

Publié le 06 septembre 2016


Reprendre des études, passer son permis, avoir des projets et les mener à bien, c'est possible à tout âge. Le parcours de Corinne Lefort, 52 ans et déterminée à réussir, nous le prouve.

 

Dotée d'un BEP Carrières sanitaires et sociales, Corinne Lefort a travaillé très peu de temps car elle s'est mariée à 21 ans avec un homme "très jaloux" qui ne voulait pas qu'elle travaille. Quand, à 48 ans, elle a divorcé, elle s'est retrouvée au RSA, à son grand désespoir.

Pour moi, c'était une déchéance. On a l'impression que les gens vous regardent différemment, alors qu'il n'y a que nous qui le savons.

Après une période de dépression, elle se rend au Centre social du centre ville de Cambrai où on l'accueille, on l'écoute et surtout on lui redonne confiance en elle.

C'est grâce au centre social que je m'en suis sortie. J'avais jamais confiance en moi, j'étais déstabilisée, je disais que j'avais rien fait de ma vie, alors que j'avais fait beaucoup de bénévolat en tant que parent d'élèves au collège.

Au Centre social, on lui propose d'animer bénévolement des ateliers cuisine, avec des salariés de l'ESAT et des gens plus âgés. Elle a ainsi retrouvé sa vieille passion pour la cuisine.

 

 

Retour à la cuisine

 

Sa référente lui propose de participer avec d'autres allocataires du RSA à la Semaine de l'art et de l'artisanat à l'URMA de Caudry (Université régionale des métiers et de l'artisanat). En cinq jours, elle y teste les ateliers de boulangerie, pâtisserie, cuisine et coiffure. 

J'étais déjà décidée pour la cuisine. La pâtisserie, c'est bien aussi, mais c'est trop carré, on ne peut pas apporter notre touche à nous.

Comme il n'y a plus de place dans cette formation et que Corinne est très motivée, l'URMA réussit à la faire entrer à l'Instep à Cambrai. Déjà la doyenne du groupe lors de la Semaine de l'art et de l'artisanat, ici aussi elle est largement plus âgée que les autres élèves. 

J'étais leur mamie et aussi la déléguée de classe !

 

 

La plus motivée de la promo

 

Après neuf mois de formation, elle décroche brillamment  son CAP de cuisine en juillet 2016, avec une moyenne générale de 15,05. Elle a même eu un 20/20 pour le plat au choix — un lapin en gibelotte avec un tian de légumes et pommes de terre rissolées !

Je suis fière, je l'ai marqué sur Facebook… comme une gamine ! Pour moi c'était une année très enrichissante. Même si j'ai eu des difficultés à trouver des stages, à cause de mon âge. Finalement, j'ai pu tous les faire dans un restaurant à dix minutes à pied de chez moi.

Heureusement car Corinne ne conduit pas. En tout cas, pas pour l'instant, car elle est bien décidée à passer son permis de conduire, financé par le PLIE (Plan local pour l'insertion et pour l'emploi) de Cambrai. Et si les premières séances de code sont un peu dures, elle ne se décourage pas.

Pour mon CAP, j'appréhendais de devoir me remettre aux matières générales et finalement les cours de français et de maths se sont très bien passés. Il n'y a que l'anglais qui a été un peu compliqué.

 

Débuts professionnels

 

À peine un mois après la fin de sa formation, Corinne a été contactée par l'URMA pour lui proposer un poste dans un restaurant du centre-ville. Elle a commencé fin août, mais ne renonce pas à son idée de créer sa propre entreprise. Une idée qu'elle a eue avant même de passer son CAP.

Au centre social, on faisait des buffets froids et on voyait que ça marchait bien. Alors mon projet, c'est d'aller cuisiner chez les gens et d'organiser des ateliers à thèmes. Pour cela, je vais travailler avec la BGE (Boutique de gestion des entreprises) et l'URMA aussi va pouvoir m'aider. Maintenant je sais qui peut m'aider, on ne me laisse pas tomber.

Malgré les difficultés, Corinne reste optimiste et pleine de projets :

Être dans la négation, c'est terminé ! Maintenant je suis toujours positive. Je regarde devant et plus derrière.