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Emploi des allocataires du RSA : la filière transport-logistique répond "présent"

Publié le 12 juillet 2016 | Insertion Emploi

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Le 8 juillet, le Département a réuni les acteurs de la filière transport-logistique pour parler de la remise à l'emploi des allocataires du RSA.

 

Nous allons vous harceler très cordialement !

Face à une vingtaine de dirigeants d'entreprises représentant la filière du transport et de la logistique dans le département, Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental ne perd pas son sens de l'humour. Mais derrière l'humour se cache souvent une très sérieuse vérité. C'est le cas du sujet du jour : comment faire en sorte que les allocataires du RSA puissent retrouver un emploi ?

 

 

Comprendre les besoins des entreprises

 

Les entreprises ont répondu à l'appel. Des PME, voire de très petites entreprises (60% des entreprises de transport comptent moins de 10 salariés), mais aussi des groupes importants : Auchan, Décathlon, Grimonprez, Amazon, La Poste ou encore Keolis.

 Nous voulons vous accompagner dans vos projets de recrutement. Notre volonté est de travailler ensemble, de rapprocher les professionnels de l'insertion du monde économique. Le Département s'inscrit dans une démarche très volontariste pour que, dans vos projets de développement de l'emploi local, les demandeurs d'emploi puissent être pris en compte plus facilement

développe Olivier Henno, vice-président chargé de l'Insertion.

 

 

Olivier Henno et les représentants de la filière transports - logistique

Olivier Henno, vice-président du Conseil départemental en charge de l'Insertion, s'adresse aux acteurs de la filière transport-logistique.

 

Les entrepreneurs ont entendu le message. Manifestement disposés à participer à la démarche, ils ont néanmoins fait part de leurs interrogations.

Nous sommes une PME de 24 salariés très consciente de son rôle social. À compétence égale, bien sûr, nous recruterions un allocataire du RSA. Mais trois mois de formation, ce n'est pas suffisant. Nous ne pouvons employer une personne que si les freins périphériques à l'emploi sont levés

souligne Corinne Dejode, responsable administrative et sociale de Load Transports, qui note que le passage par une structure d'insertion répond à ce besoin :

Quand j'ai recruté des salariés venant de Main Forte, l'essentiel de ce travail avait été fait.

 

Main Forte est une structure d'insertion par l'activité économique spécialisée dans les transports et la logistique, implantée depuis 20 ans dans le Nord-Pas-de-Calais.

Cette année, nous avons reçu 18 allocataires du RSA. Le taux de retour à l'emploi a été de 70%. Il y a des opportunités dans le transport et la logistique

commente sa dirigeante, Elisabeth Dargent.

 

Elisabeth Dargent (Main Forte)

Elisabeth Dargent, directrice de Main Forte

 

 

Mais ce n'est pas si simple :

Nous rappelons constamment à nos salariés qu'ils ont des droits mais aussi des devoirs. Ceux-ci sont parfois mal compris. Il faut aussi acquérir des savoir-être, comprendre ce qu'est une feuille de paie, un contrat. Des personnes abandonnent en cours de route, appellent le matin pour dire qu'elles ne viendront plus

raconte-t-elle.

Nous ne pouvons plus nous permettre de laisser faire. Abandonner une formation au bout de 3 jours et continuer à bénéficier du RSA comme si de rien n'était, c'est fini. Ceux qui lâchent sans raison valable seront sanctionnés

 répond Jean-René Lecerf.

 

 

Gilles Fargier (Keolis) et Jean-René Lecerf

Gilles Fargier, PDG du groupe Keolis et Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental du Nord (à droite).

 

 

"Le Nord a une vraie culture du travail"

 

La cause est entendue : les entreprises sont conscientes de leur responsabilité sociale, mais elles ont besoin d'une main-d'œuvre formée… et informée des exigences de son futur métier.

Nous avons un partenariat avec les lycées qui dispensent des formations en transport et logistique. Malgré tout, le taux d'insertion à la sortie est de 14%. Ces jeunes sont formés, mais beaucoup ne vont pas à l'emploi, pour de nombreuses raisons. La mobilité, par exemple : on a du mal à faire bouger un élève au-delà de 15 km…

confie Saou Ghadfa, délégué régional de l'AFT, qui insiste beaucoup sur la nécessité d'une meilleure connaissance des métiers :

Le transport et la logistique, ce sont des professions très différentes, qui n'ont pas les mêmes besoins.

Le transport, ce sont des métiers qui peuvent paraître simples mais qui sont très compliqués. Il y a beaucoup de sécurité, de responsabilités

renchérit Corinne Dejode, de Load Transports.

 

 

Corinne Dejode (Load Transports) Dominique Mercier, directeur Performance du groupe Auchan


Corinne Dejode (Load Transports) et Dominique Mercier (Groupe Auchan).

 

 

"Ayez le réflexe “Département” !"

 

 

Nous travaillons en flux tendu et nous faisons beaucoup appel au travail temporaire : il y a là une piste à explorer

note pour sa part Dominique Mercier, directeur Performance du groupe Auchan (photo ci-contre), qui relève que le Nord a aussi des atouts :

Le Nord a une vraie culture du travail qui est appréciée dans le monde de la logistique. Il peut se distinguer.

 

Conclusion de Jean-René Lecerf :

C'est à nous de vous proposer des solutions. Ce que je vous demande, c'est d'avoir le réflexe "Département" pour qu'ensemble, nous parvenions à avancer sur ce qui n'est pas un problème départemental, mais une question de société et d'intérêt général.

 

 

 

 

 

 

Photos : Cédric Arnould