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Enfance : prévenir pour mieux protéger

Publié le 08 janvier 2016 | Engagement solidarité


Responsable de la protection de l'enfance, le Département veut rénover sa politique : améliorer la prévention, faire baisser le nombre de placements, proposer des alternatives à l'hébergement en établissement.

Chiffres clés

• Plus de 20 000 mineurs nordistes font l'objet d'une mesure au titre de la protection de l'enfance.
94,3% de ces mesures sont des mesures judiciaires, pour seulement 5,7% de mesures administratives.
10 000 enfants sont placés (la moitié dans des familles d'accueil, l'autre dans des structures collectives).
• La durée moyenne du placement est de 7 ans.

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 Il faut réformer un système qui n'a pas su s'adapter

expliquait Doriane Bécue, vice-présidente du Département chargée de l'Enfance, de la Jeunesse et de la Famille, le 17 décembre dernier, en présentant la délibération cadre "Prévention et protection de l'enfance".

 

 

Un accompagnement aux étapes clés de l'enfance

 

Au cœur du nouveau projet départemental se trouve la volonté de développer

l'accompagnement des familles dans leur rôle éducatif, avec leur adhésion et en les soutenant à des moments clés. Le but est de maintenir l'enfant dans son environnement social et/ou familial.

 

Dès la grossesse

La prise en charge la plus précoce possible des difficultés est une des priorités du projet. Un accompagnement pourra être proposé dès la grossesse, avec un accent sur la prévention de certains risques (addictions, syndrome du bébé secoué…).

 

Petite enfance

• La prévention précoce sera améliorée par l'organisation d'examens de santé dès l'âge de 2 ans, proposé par les services de Protection maternelle et infantile du Département.

Nous pourrons ainsi proposer un accueil d'éveil aux enfants qui présentent des retards de langage ou des problèmes psycho-moteurs

commente Doriane Bécue.

• La vice-présidente du Département souhaite également approfondir le travail sur le délaissement familial et l'adoption :

Quand le délaissement est constaté, il faut agir vite pour que l'enfant soit "adoptable".

 

Enfance et adolescence

Le projet départemental prévoit notamment :

• le développement des lieux de rencontre parents-enfants "pour renouer des liens et préparer le retour au domicile",

• un accompagnement privilégié des collégiens, par le redéploiement de postes d'éducateurs dans les collèges situés dans des quartiers prioritaires,

• le développement des Maisons des adolescents…

 

Vers l'autonomie

Les jeunes de plus de 16 ans confiés à l'Aide sociale à l'enfance (ASE) seront accompagnés vers l'autonomie, en préparation de leur majorité :

Nous rencontrons des jeunes qui, à leur majorité, souhaient sortir de l'ASE et avoir leur propre appartement. Avec Max-André Pick, président de Partenord habitat, nous travaillons sur la mise à disposition de studios, avec la mise en place d'un fonds de garantie en cas de difficultés de paiement. Ces jeunes ne seront pas "lâchés dans la nature", ils auront un référent en cas de problème.

 

Lors de la séance plénière du 17 décembre, le Conseil départemental a également adopté le  Contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens (CPOM) de l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer (EPDSAE). Présidé par Maxime Cabaye, l'EPDSAE gère  2600 places d'accueil au titre de la protection de l'enfance. Au travers de ce premier CPOM, il s'inscrit résolument dans les nouvelles orientations départementales visant à privilégier la prévention et à proposer des alternatives innovantes au placement en établissements collectifs.

triple fleche fil ariane Le site de l'EPDSAE

 

 

Préserver les liens familiaux

 

L'objectif principal du Département est de faire le maximum pour éviter le placement de l'enfant, qui a souvent pour conséquence l'éclatement de fratries et qui pèse lourdement sur les finances départementales.

Le Département consacre à la protection de l'enfance un budget de 460 millions d'euros, dont seulement 1% sont consacrés à la prévention et 1,8% à la Protection maternelle et infantile. Plus de 360 millions sont consacrés à l'accueil physique des mineurs confiés à l'Aide sociale à l'enfance

constate Doriane Bécue.

Le placement doit être le dernier recours. Notre objectif est notamment de réduire considérablement le nombre de procédures judiciaires. Nous allons développer les interventions à domicile.

Pour autant, le placement est parfois inévitable, dans l'intérêt même de l'enfant. Dans ces situations, le Département veut innover en utilisant les "réseaux de solidarité", en favorisant l'accueil de proximité et le parrainage.

Il faut aussi travailler en parallèle avec la famille pour préparer le retour à domicile de l'enfant. Il est important de permettre à l'enfant confié de connaître son devenir et de limiter la durée du placement.

On peut ne pas être d'accord avec notre politique, mais cela fonctionne ailleurs : le Québec a réduit de 35 000 à 8 000 le nombre de placements en mettant des moyens sur la prévention

 conclut Doriane Bécue.

 


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