Version imprimable - Nouvelle fenêtre

Christophe Rossignon, producteur heureux

Publié le 07 décembre 2015 | Le Nord Découvrir


christophe rossignon, producteur de christian carion (photo philippe houzé)

Venu à Arras pour la projection en avant-première du film de Christian Carion "En Mai fais ce qu'il te plaît", Christophe Rossignon a répondu à nos questions.


En quoi consiste le métier de producteur ?

Ce n'est pas un métier de grand argentier. Ça serait mal le résumer. Pour faire un film, il faut une entreprise : le producteur, c'est celui qui tient cette entreprise. Il en assume les responsabilités juridiques, sociales, économiques, commerciales.

Mais c'est aussi celui qui accompagne un créateur. Si le metteur en scène est seul, c'est très difficile. Il n'y a pas d'équipe qui gagne sans un bon coach. Le metteur en scène doit pouvoir poser sa tête sur l'épaule du producteur, il a besoin qu'on le soutienne mais aussi parfois qu'on le secoue.

Le producteur peut porter un regard extérieur sur le travail du metteur en scène. Par exemple, Christian Carion écrit toujours par strates. Pour le scnénario d'En mai, fais ce qu'il te plaît, il a eu besoin entre chaque version d'un regard critique et encourageant. Comme tous les réalisateurs…

Le producteur donne ausssi son avis sur le choix des acteurs, sur ce qui va structurer le film.

 

Comment ce choix s'est-il fait pour En mai fais ce qu'il te plaît ?

Pour le rôle du réfugié allemand, le choix d'August Diehl s'est imposé. On l'avait vu dans Unglourious Basterds et Christian l'avait rencontré pour le casting allemand de Joyeux Noël. Olivier Gourmet, le maire courage, Mathilde Seigner, sa femme, c'était écrit pour eux, en pensant à eux.

Il y a aussi Laurent Gerra : comme Dany Boon dans Joyeux Noël, c'est un de ses premiers rôles au cinéma.

 

C'est un film à gros budget ?

Oui. Il y a les attaques de stukas, notamment sur Arras. Il y a les figurants, qui sont plusieurs centaines. Il y a un mois de tournage avec les chevaux, les attelages. C'est beaucoup de logistique. Heureusement, nous avons une multitude d'excellents collaborateurs pour chapeauter tout ça.

C'est un gros budget, mais la maison Pathé nous a soutenus très en amont. Pour ce genre de film historique, il faut un partenaire poids lourd. Ils ont tout de suite cru dans l'histoire. Jérôme Seydoux, le président de Pathé, a lui-même été évacué étant enfant et ça l'a baucoup marqué.

 

Où le film a-t-il été tourné ?

Essentiellement dans le Pas-de-Calais. Mais aussi un peu dans le Nord et un peu dans la Somme. On a anticipé sur la fusion des régions ! Je dois dire que pendant le tournage on a eu un soutien logistique et matériel permanent des institutions – les Départements, la Région, les communautés de communes. C'est probablement lié au thème de l'exode : c'est notre histoire, c'est l'histoire du Nord-Pas-de-Calais.

 

Vous revenez souvent dans le Nord ?

Oui. Quand je vais à Lille, à Dunkerque, à Arras, ce sont mes racines. Mais quand je reviens avec mes enfants dans l'Avesnois, à Ohain, voir mon frère et mes sœurs, c'est la famille !

 

 

 


baseline