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SOS Homophobie démonte les clichés

Publié le 24 avril 2015 | Le Nord Citoyen


Créée en 1994, l'association SOS Homophobie compte dans le Nord une trentaine de membres actifs qui interviennent notamment dans les établissements scolaires afin de prévenir les comportements homophobes.

Ce matin-là, assis en arc de cercle, un groupe de lycéens de première Bac Pro, quatorze garçons et une fille — les préjugés ont la vie dure, on est dans une section technique — dévisage Anne et Nicolas, les deux intervenants de SOS Homophobie

Ils commencent par présenter le logo de l'association :

Un triangle rose, ça vous rappelle quelque chose ?

Ils évoquent les notions de militantisme, d'égalité des droits, de discrimination. Beaucoup d'élèves se taisent, quelques-uns interviennent avec une certaine justesse d'abord, puis avouent leur incompréhension, par exemple devant la bisexualité ou plus encore les transsexuels. 

On a été créés d'une certaine manière, pourquoi vouloir changer ? C'est ça que je comprends pas.

dit l'un.

Les gens font ce qu'ils veulent, c'est pas à nous de les juger. 

souligne Anne.

Puis, avec Nicolas, ils évoquent les différentes manifestations de l'hompophobie : violences morales et physiques, insultes, rejet, harcèlement, menaces…

Et Nicolas de rappeler que la loi protège contre ces violences :

Même l'insulte est condamnable. Vous pouvez être condamnés jusqu'à 6 mois d'emprisonnement et 2 500 € d'amende pour des propos insultants que vous avez tenus sur Facebook ou Twitter.

On évoque ensuite les conséquences possibles de ces discriminations : isolement, dépression, conduites addictives, suicides…

Il y a sept fois plus de risques qu'un jeune homosexuel fasse une tentative de suicide pendant sa scolarité qu'un jeune hétéro.

 

Le mur des insultes

 

Puis, pendant cinq minutes, jes jeunes sont autorisés à proférer toutes les insultes "LGBTphobes" qu'ils connaissent. Anne les note au tableau.

C'est quoi le but d'une insulte ?

demande Nicolas.

Blesser, rabaisser, faire mal… 

répondent les élèves.

Oui, l'insulte n'a rien de drôle. C'est pour cela qu'on ne veut plus entendre dire : c'est pour rigoler.

Anne entreprend alors de décortiquer une à une toutes les insultes citées et que les jeunes lancent à tort et à travers sans y penser. 

Enfin, les intervenants leur diffusent un petit film qui évoque l'histoire d'Arthur et Omar, deux garçons amoureux l'un de l'autre, qui vivent différemment leur homoseuxualité. Les lycéens sont invités à commenter les deux attitudes.

Quand la sonnerie résonne, les garçons se lèvent comme un seul homme.

On espère qu'en repartant, vous soyez beaucoup plus respectueux envers vous, que ça vous a appris des choses et que ça vous a permis de réfléchir.

leur lance encore Anne tandis qu'ils se dirigent vers la porte.

Visiblement il y a encore du travail pour faire changer les mentalités. Mais, qui sait, certains auront peut-être au moins retenu qu'en cas de besoin, l'association dispose aussi d'une ligne d'écoute…


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