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Créateurs de solidarité

Publié le 07 décembre 2014 | Innovation territoires


Le magazine "Nord le Département" n°277 consacre sa rubrique "Solutions" à l'économie sociale et solidaire.

Le magazine "Nord le Département" n°277 de décembre 2014 - janvier 2015 consacre sa rubrique "Solutions" à l'économie sociale et solidaire. L'occasion d'en apprendre un peu plus sur les structures et les personnes qui œuvrent dans le sens d'un développement économique centré sur l'humain.

Le Département du Nord appuie financièrement une palette de structures et d'outils pour aider le démarrage et le développement d'activité.

Son intervention, par le biais de ses diféérents partenaires, bénéficie en moyenne à 500 structures relevant de l'économie sociale et solidiaire (ESS) ou de l'insertion.

Vous trouverez ci-joint des liens vers des pages pratiques sur les acteurs de l'ESS et ci-dessous deux exemples de structures, dans des domaines très différents : l'agriculture et la réparation automobile.

 

La réinsertion par la terre

 

Jardin de Cocagne

Créée en 2009, l'association Solidarité & Initiative, agréée chantier d'insertion, est à l'origine du Jardin de Cocagne situé sur le parc scientifique de la Haute-Borne.

C'est un des quelque 120 Jardins de Cocagne qui existent aujourd'hui en France.

Le premier de ces jardins a été créé à la fin des années 80 près de Besançon et a ensuite fait de nombreux émules.

Tous ont la même vocation : il s'agit d'exploitations maraîchères biologiques, employant du personnel en insertion, avec une vente directe à des adhérents-consommateurs. 

La finalité est d'abord sociale. On met des gens en situation de travail avec un vrai contrat de travail (pour deux ans maximum), afin de les aider à développer des savoir-être et des savoir-faire transférables en entreprise. Ils bénéficient également d'un accompagnement socio-professionnel

explique Jean-Louis Poillon, directeur du Jardin de Cocagne de la Haute-Borne.

 

Le travail manuel aide à se construire et le travail de la terre en particulier est le plus fondamental. Il donne confiance en soi car on est en prise avec la réalité et on récolte ce qu'on a fait pousser. C'est à la fois un travail rude et un acte utile car on ne peut se passer de manger.

Les légumes récoltés sont vendus par abonnement en paniers. Les clients sont tous des adhérents qui viennent sur place retirer leur panier, afin de stimuler leur implication dans le jardin.

 

Jardins Cocagne 2

 

Les spécifités de la Haute-Borne

Ce Jardin de Cocagne est le premier à s'être implanté sur un parc d'activités. Et pas n'importe lequel : la Haute-Borne rassemble 140 entreprises et laboratoires et plus de 6 500 salariés.

Plusieurs entreprises du parc sont des partenaires actifs de l'association, en pratiquant le mécénat mais aussi en encourageant leurs salariés à acheter les paniers ou à apporter une aide bénévole (en comptabilité, communication, coaching au code de la route…), en proposant aux salariés des Jardins de Cocagne des stages d'immersion… 

Même l'université de Lille 1 est partenaire, avec notamment la vente de paniers "solidaires" à des étudiants en précarité. 

Autre particularité de ce Jardin de Cocagne : il a le projet de développer son activité, en montant un restaurant-traiteur bio juste à côté du jardin. Ouverture prévue fin 2015.

On y fera à la fois de la restauration traditionnelle et rapide, mais où le légume sera roi.



Un bon coup de main… dans le cambouis


Honnechy

Notre objectif, c'est que les gens qui n'ont pas beaucoup de sous roulent dans une voiture sécurisée et qui passe au contrôle technique

explique Colette Nieuviarts qui a ouvert en 2008 dans le Cambrésis le garage associatif Auto'mobile 59.

Jusqu'en 2006, elle dirigeait un centre de formation-insertion où elle constatait que de nombreuses personnes étaient gênées dans leur insertion par des problèmes de mobilité et que certaines ne réparaient pas leur voiture, faute d'argent. 

Colette reprend des études et passe à Valenciennes un master 2 "Développement local économie solidaire", crée une association et, en septembre 2008, ouvre le garage. Après deux déménagements, il s'installe en janvier 2012 dans le bâtiment d'un ancien tissage à Honnechy.

Ces déménagements n'ont pas perturbé notre activité, nos clients nous ont suivis.

Les clients sont variés : il y a des jeunes, des hommes au chômage, des femmes, des collectionneurs de voitures anciennes… Il y a même des gens très éloignés de l'emploi qui retrouvent ici le goût du travail :

Ca les remotive pour aller bosser. Les garagistes au début nous voyaient d'un mauvais œil, mais on ne leur fait pas concurrence car on n'a pas le même public. Ici viennent des gens qui n'ont pas d'argent ou des passionnés de mécanique qui ont envie de faire eux-mêmes.

 

Au garage solidaire, les clients sont tous adhérents de l'association. Sur place, ils bénéficient des conseils de Boris, le fils de Colette, qui est mécanicien professionnel. Ils ont aussi accès à tout le matériel, du matériel de récupération ou acheté d'occasion.

L'idée n'est pas de devenir le discount du garagiste, mais que les gens participent à la vie de l'association. Notre objectif n'est pas de faire du business, mais d'être un outil à la mobilité en zone rurale tout en favorisant l'entraide entre les gens.





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